John F. Kennedy et la psychopathologie de la politique

Aujourd’hui je veux continuer avec le sujet de John Kennedy; il ne reste plus qu’une semaine avant l’anniversaire de sa mort, je me trouve donc devant le besoin de mettre vraiment les bouchées doubles pour arriver à l’heure à la fin du sujet. Il se trouve que maintenant que le sujet pèse si lourdement sur mon esprit, je constate qu’il y a des choses qui me rappellent constamment de ce que l’Amérique a perdu, l’état épouvantable du monde aujourd’hui en conséquence de cette perte et les raisons ultimes derrière tout cela.

SOTT a posté lundi deux ou trois articles qui ont attiré mon attention. Le premier était Le peuple inoffensif , Une interview d’Elizabeth Marshall Thomas.

Aujourd’hui je veux continuer avec le sujet de John Kennedy; il ne reste plus qu’une semaine avant l’anniversaire de sa mort, je me trouve donc devant le besoin de mettre vraiment les bouchées doubles pour arriver à l’heure à la fin du sujet. Il se trouve que maintenant que le sujet pèse si lourdement sur mon esprit, je constate qu’il y a des choses qui me rappellent constamment de ce que l’Amérique a perdu, l’état épouvantable du monde aujourd’hui en conséquence de cette perte et les raisons ultimes derrière tout cela.

SOTT a posté lundi deux ou trois articles qui ont attiré mon attention. Le premier était Le peuple inoffensif , Une interview d’Elizabeth Marshall Thomas.

En 1950, une fille de 19 ans a quitté l’Université d’élite Smith au Massachusetts pour se joindre à sa famille dans une expédition qui changerait leurs vies. Incitée par le désir de son père de visiter des lieux inexplorés, la famille se mit en route pour le désert du Kalahari à la recherche de Bushmen vivant “à l’ancienne méthode” des chasseurs-cueilleurs. La fille, Elisabeth Marshall Thomas, a continué à les célébrer dans son livre de 1959 The Harmless People (le Peuple Inoffensif) , qui est devenu un classique de l’anthropologie populaire. Presque 50 ans après, le dernier livre de Marshall Thomas The Old Way (L’Ancienne Méthode) revisite l’histoire – et constate que le destin des Bushmen est plus complexe qu’il ne semble.

Marshall Thomas est retournée à son diplôme universitaire d’anglais à l’Université Smith, au Massachusetts…

L’interviewer demande à Marshall Thomas : les Habitants de l’Ouest pleurent la perte de cette société de chasseurs-cueilleurs, mais vous avez une vue plutôt différente…

Marshall Thomas répond : Oui, pour moi ils vivent en quelque sorte de la même façon, mais avec une économie différente. L’idée que vous aidez les vôtres est toujours présente. C’est ce qui a gardé la race humaine en vie pendant 150.000 ans .

Les chasseurs-cueilleurs ont dit aux anthropologues qu’ils ne se définissent pas comment ils obtiennent la nourriture, mais comment ils sont liés l’un à l’autre. Nous l’avons vu. Ils ont essayé de maintenir la jalousie au minimum, sans personne plus important ou possédant plus de choses qu’un autre. Vous donnez les choses plutôt que de les garder.

Q: Vous vouliez que d’autres personnes pensent à vous avec un bon sentiment.

Est-ce “l’ancienne méthode” du titre de votre livre ?

R: Oui.

Il y avait un temps où le terrain de jeu était de niveau et toute l’espèce vivait de cette façon . Comment les gens et leurs animaux domestiques vivent maintenant est profondément différent. [...]

Q: Que faites-vous des accusations par quelques universitaires que votre écriture est trop sentimentale ?

R: Ma mère Lorna a aussi écrit sur la culture Bushman et nous avons été toutes les deux accusées de donner trop d’importance au manque de violence dans la culture Bushman, mais nous rapportions seulement ce que nous avions vu. Dans les groupes de Bushmen que nous avons visités, nous avons observé qu’il y avait beaucoup d’accent sur la coopération et l’évitement de la jalousie . La raison était que cette vie était assez marginale et une façon de réussir était d’avoir d’autres personnes qui vous aident dans votre moment de besoin. Tout dans leur culture y a été orienté.

Donc ce n’est pas qu’ils aient une “gentillesse” naturelle – je n’ai jamais dit qu’ils en avaient. Ils sont comme tous les autres. Ce qu’ils ont fait est de reconnaître les dégâts qu’une personne peut faire à une autre et essayer d’y mettre une limite.

 

Le deuxième article se rapporte directement à ce que Marshall Thomas a remarqué ci-dessus à propos de la manière dont les sociétés qui vivent en marge réussissent à survivre : Survie des plus aimables

ALTRUISME - aider les autres à un coût pour soi-même – a été une épine têtue dans le flanc des biologistes évolutionnistes. Si la sélection naturelle favorise des gènes qui produisent des caractéristiques qui augmentent le succès reproducteur des individus en qui ils résident, alors l’altruisme est précisément la sorte de comportement qui devrait disparaître.

Darwin était intensément conscient du problème que l’altruisme posait à sa théorie de la sélection naturelle. Il était particulièrement inquiet du comportement auto-sacrificiel que des insectes sociaux affichent : comment la sélection naturelle pourrait-elle expliquer pourquoi une abeille ouvrière défendra sa ruche en piquant un intrus et en mourant dans le processus ? Dans Sur l’Origine des Espèces , il a récapitulé le sujet de l’altruisme de l’insecte social comme “une difficulté spéciale, qui m’a d’abord semblé être insurmontable et en réalité fatale pour la théorie entière”. Mais alors il a inventé une explication.

Puisque les abeilles ouvrières aidaient les parents de sang – particulièrement leur reine – Darwin a formulé une hypothèse que la sélection naturelle pouvait favoriser l’altruisme au niveau de la famille de sang. [...]

Huxley, aussi connu comme le “bouledogue de Darwin”, a décrit ses pensées sur ce sujet dans un essai de 1888 intitulé “La lutte pour l’existence” :

“Du point de vue du moraliste, le monde animal est environ au même niveau que le spectacle du gladiateur… La vie [pour les gens préhistoriques] était un combat libre continu et au-delà des relations limitées et provisoires de la famille, la guerre hobbesienne de chacun contre tous était l’état normal de l’existence.”

Pour Huxley, l’altruisme était rare, mais quand il existait, il devait être entre des parents de sang.

Kropotkin, qui fut page du tsar de la Russie et plus tard un naturaliste qui a passé cinq ans à étudier l’histoire naturelle en Sibérie, pensait autrement. En Sibérie il pensait qu’il voyait l’altruisme séparé de la parenté dans chaque espèce qu’il rencontrait. “Ne rivalisez pas!” a écrit Kropotkin dans son livre influent Mutual Aid: A factor of evolution (l’Aide Mutuelle : un facteur d’évolution) (1902). “C’est le slogan qui nous vient du buisson, de la forêt, de la rivière, de l’océan. Donc combinez – pratiquez l’aide mutuelle!”

Comment deux scientifiques respectés pouvaient aboutir à de telles conclusions radicalement différentes ? En plus d’être un naturaliste, Kropotkin était aussi l’anarchiste le plus célèbre du monde. Il a cru que si les animaux pouvaient s’associer dans l’altruisme en absence de gouvernement, alors la société civilisée n’avait besoin d’aucun gouvernement non plus et pouvait vivre dans la paix, en se comportant de manière altruiste . Kropotkin suivait ce qu’il voyait comme “le cours tracé par la philosophie moderne de l’évolution… la société comme une accumulation d’organismes essayant de découvrir les meilleures façons de combiner les besoins des individus avec ceux de la coopération”. Il a vu l’anarchisme comme la phase suivante de l’évolution.

Huxley n’était pas moins affecté par des événements autour de lui. Peu avant qu’il n’ait publié “La lutte pour l’existence”, sa fille, Mady, est morte de complications liées à une maladie mentale. Dans son désespoir sur la mort de Mady il a écrit, “Vous voyez un pré riche en fleurs… et votre mémoire se repose dessus comme une image de beauté paisible. C’est une illusion… pas un oiseau ne gazouille, mais est tueur ou tué… meurtre et mort soudaine est l’ordre du jour.” C’était à la lumière de la nature comme l’incarnation de la lutte et de la destruction – l’antithèse de l’altruisme – que Huxley a vu la mort de sa fille et ce fut dans cet état d’esprit qu’il a refermé son essai [...]

Une théorie mathématique pour l’évolution de l’altruisme et sa relation à la parenté de sang viendrait une génération plus tard avec Bill Hamilton, qui était tant naturaliste passionné que mathématicien doué. En travaillant sur son Ph.D. au début des années 1960, il a construit un modèle mathématique complexe pour décrire la parenté de sang et l’évolution de l’altruisme. Heureusement, le modèle s’est résumé à une équation simple, maintenant connue comme la règle d’Hamilton. L’équation a seulement trois variables : le coût de l’altruisme à l’altruiste (c), l’avantage qu’un destinataire de l’altruisme reçoit (b) et leur lien génétique (r). La règle d’Hamilton déclare que la sélection naturelle favorise l’altruisme quand r × B> c.

L’équation d’Hamilton se résume à ceci : si un gène pour l’altruisme doit se développer, alors le coût de l’altruisme doit être équilibré par des bénéfices compensatoires. Dans son modèle, les bénéfices peuvent être accumulés par les parents de sang de l’altruiste parce qu’il y a une chance (la probabilité r) que de tels parents peuvent aussi porter ce gène pour l’altruisme. Autrement dit, un gène pour l’altruisme peut s’étendre s’il aide les copies de lui-même à résider dans la famille de sang. [...]

En travaillant avec Hamilton sur la parenté et l’altruisme, l’athée Price est passé par une épiphanie religieuse. Dans une ironie qui tourne le débat sur la religion et l’évolution dans sa tête, Price a cru que ses découvertes sur l’altruisme étaient le résultat d’une inspiration divine. Il est devenu un Chrétien dévot, faisant don de la plupart de son argent à l’aide aux pauvres. [...]

Depuis que Hamilton a publié son modèle, des milliers d’expériences ont directement ou indirectement testé des prédictions apparaissant de sa règle et les résultats sont encourageants. La règle d’Hamilton n’explique pas tout l’altruisme que nous voyons mais elle en explique un gros morceau assez important.

Aujourd’hui, il y a de nouveau deux articles qui touchent à mon thème. Le premier est Nous sommes les extra-terrestres, dit le professeur de Cardiff :

Le programme Horizon de la B.B.C. ‘ Nous sommes les extra-terrestres ‘ montrera le travail du professeur Chandra Wickramasinghe, Directeur du Centre de Cardiff d’Astrobiologie à l’Université [de Cardiff]. [...]

“Je pense que la première origine de la vie doit avoir impliqué les ressources combinées de toutes les étoiles dans une partie substantielle du cosmos. Il est satisfaisant de voir qu’un point de vue qui me semblait si évident il y a 25 ans, est maintenant accepté par un corps toujours croissant de scientifiques.”

Le deuxième est Salvador Freixedo : la Guerre Contre les Dieux

Il a défié la force de l’Église Catholique, a été un témoin rapproché d’animaux fantômes, a photographié les carcasses de têtes de bétail récemment mutilées et est monté en haut d’une montagne à la recherche de contact extra-terrestre jusqu’à être repoussé par des booms sonores. Ses livres ont examiné chaque aspect du phénomène OVNI et ont suggéré de nouvelles théories effrayantes. [...]

Respecté pour ses idées et son érudition, le prêtre ex-jésuite combatif (une suspension “ad divinis” lui fut accordée par les évêques de Porto Rico à cause de son livre controversé Mi Iglesia Duerme (en 1968) qui a examiné certains des cas les plus impressionnants enregistrés en Amérique du Sud et en Espagne. [...]

Il n’y a pas de place pour la lâcheté, intellectuelle ou autre, dans les écritures de Freixedo. Il a ouvertement exposé son inassouvissement envers “la science officielle”, comme il la nomme, et son refus de montrer un intérêt dans les phénomènes paranormaux et manifestement surnaturels qui arrivent quotidiennement sur notre planète et ce qui est encore plus mauvais, supprimant les efforts de recherche d’autres scientifiques qui ont manifesté un intérêt dans le phénomène.

La traduction de Visionaries, Mystics and Contactees (Visionnaires, Mystiques et Contactés) (Illuminet Press, 1992) permet à ceux incapables de le lire dans l’espagnol d’origine de mordre à pleines dents dans le travail de la vie d’un homme qui a été salué par ses pairs comme une source d’information et d’inspiration.

On peut considérer Visionaries, Mystics and Contactees comme le premier livre dans une “tétralogie” qui explore dans des détails terrifiants – confirmés par la légende humaine et la connaissance des contactés – que l’Homme est simplement une créature des dieux, des entités immensément puissantes et non-corporelles qui se sont fait passer pendant des siècles comme les Dieux. Le pire délinquant parmi cette galerie d’entités est le Yahweh biblique, Freixedo nous dit dans ‘ Israël : pueblo contacto ‘ (Israël : la nation contactée). Ces dieux (toujours avec un petit “d”) se servent de l’humanité beaucoup de la même manière que nous nous servons des animaux : nous les tuons sans hésitation pour leurs viandes et leurs peaux, mais nous le faisons avec peu d’animosité, s’il en est. La Terre est une ferme des dieux, écrit-il, et ils nous exploitent pour deux choses – le sang et les ondes émises par nos cerveaux quand nous sommes dans la douleur ou la souffrance. Il a dit de ces ‘dieux’ dans une apparition récente à la télévision :

… Ceux de l’intérieur ont toujours été ici et ont créé l’humanité beaucoup de la même manière dont elle a élevé les animaux. Ils ont joué avec nous depuis le début. [...] Certains demeurent dans des vaisseaux spatiaux géants, d’autres au-dessous de la terre, environ 100 à 1000 mètres au-dessous de la surface. D’autres sont totalement invisibles quand ils déplacent parmi nous… [...]

Padre Freixedo ne s’est jamais éloigné de la controverse. En 1979, il s’est opposé au spécialiste-des-ovnis-contacté portoricain Orlando Rimacs dans un long débat sans précédent à la radio dans lequel il a déclaré que la seule vraie race humaine était la race noire . A la demande populaire, le débat fut retransmis à une date ultérieure et même transféré sur des stations d’émission en langue espagnole à New York.

Je ne pense pas que je doive expliquer clairement les connexions entre tout ce qui précède et les forces probables derrière l’assassinat de John F. Kennedy à mes lecteurs réguliers. Mais pour ceux qui ne sont pas des lecteurs réguliers, laissez-moi suggérer que vous vérifiiez mon article sur la Ponérologie qui nous dit qu’il y a une minorité statistique d’êtres de type humains sur notre planète qui ne sont pas tout à fait réellement des hommes. Comme le professeur Robert Hare dit, ils sont un “prédateur intra-espèce.” Sont-ils des hybrides “aliens/humains” comme on pourrait le déduire des remarques de Padre Freixedo ? Tout est possible. Mais ce qui est important est de se rappeler les susdites règles exposées de l’Altruisme; et se souvenir qu’elles peuvent s’appliquer aux déviants pathologiques génétiques aussi bien qu’aux gens normaux. C’est-à-dire que ces réseaux de déviants, tels que décrits par le psychologue Andrzej Lobaczewski, peuvent agir et agissent vraiment “par altruisme” l’un envers l’autre dans une certaine mesure et l’ont fait durant des millénaires. Bien sûr, c’est seulement tant que ces “autres” continuent à exister qu’ils peuvent “s’unir” contre. Quand ils réalisent finalement la dominance, on peut voir qu’ils vont tout à fait probablement se retourner l’un contre l’autre comme l’abandon récent de George W. Bush par les Néoconservateurs nous l’a montré. Mais même avec leur corps à corps, ils oeuvrent toujours pour garder un front solide de secret imposé entre eux et la majorité de l’humanité, les foules dont l’énergie, le sang, la sueur et les larmes, les maintiennent au sommet de la pyramide. Bref, plus que toute autre chose, les déviants génétiques survivent en raison de leur capacité à inciter le comportement altruiste des autres – le sacrifice de soi – en trompant les autres en leur faisant croire qu’ils sont conspécifiques; ils sont des parasites. Et ainsi il est absolument crucial pour tous d’entre nous de commencer à apprendre ces sujets parce que la survie même de l’humanité peut en dépendre. Comme Lobaczewski le fait remarquer, le fait même qu’il y ait des gens plus normaux que les déviants nous suggère que la normalité, avoir une conscience et de l’empathie et de l’altruisme, sont ces choses qui ont aidé l’humanité à se développer et à survivre sur des centaines de milliers d’années. Il va falloir un tas d’altruisme et d’empathie pour traverser les quelques années qui viennent!

John Kennedy différait du type des animaux qui dominent la politique humaine et je crois que, à un certain niveau, il savait que cette différence était plus profonde que l’épaisseur de la peau. Il sentait les tendances altruistes envers les gens normaux et ne s’estimait pas être un de la minorité déviante pathologique au sommet. Oui, il avait utilisé le système pour arriver au sommet, mais il a immédiatement précisé avec qui il s’identifiait vraiment : l’être humain moyen avec une conscience. Et c’est pourquoi, quand les nouvelles de sa mort se répandirent, il y eut des gens impliqués dans le crime et la politique qui se sont réjouis tandis que des millions et des millions de gens avec des âmes, les gens ordinaires, l’homme et la femme de la rue luttant pour réaliser une vie convenable pour eux-mêmes contre les machinations des déviants, ont pleuré dans une agonie de désespoir. Ils savaient ce qu’ils avaient perdu; le dernier, le meilleur espoir pour l’humanité dans notre temps.

Aussi aujourd’hui, dans notre extrait de Farewell America , jetons un coup d’œil à ce bastion de la pathologie : la politique.

Farewell America

Mais le Sénat, malgré son déclin dans le pouvoir et l’estime publique pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle, n’était pas entièrement composé de porcs et de maudits loups embusqués. (Profiles in Courage, John F. Kennedy)

“Que je sois du côté de la victoire ou du côté du perdant n’est pas le point important pour moi. C’est d’être du côté où se tiennent mes sympathies qui importe.”

Ce credo désintéressé était acceptable venant d’un sénateur, mais un Président est censé laisser son cœur derrière lui. “La duperie, la malhonnêteté et la duplicité sont les caractéristiques dominantes de la plupart des leaders nationaux.” (1) Il y avait peu d’exceptions parmi les leaders politiques américains des années soixante. Ces professionnels n’avaient que du mépris pour l’auteur de Profiles in Courage , cet amateur qui prêchait l’indulgence. Ils sous-estimaient l’avenir de ce rare admirateur des Whigs rationnels et courtois du début du dix-neuvième siècle. Ils furent quelque peu stupéfiés par l’organisation de ce candidat qui installa son quartier général dans une suite de neuf chambres dans le building Esso de Washington, gardait un fichier sur cartes des 30.000 Démocrates les plus influents dans le pays et voyageait dans un Convair à 270.000 $, acclamé par l’hôtesse rousse Janet des Rosiers.

Kennedy a couvert un million de miles, l’équivalent de 40 fois le tour de la Terre, introduisant les électeurs à son messianisme perfectionné, ses discours héroïques et son sourire de vedette. “Nous vous aimons à la TV. Vous êtes meilleur qu’Elvis Presley…” lui ont dit les étudiants de Louisville. Comme Woodrow Wilson, il a continué à répéter, “Les cœurs des hommes attendent nos actes.” Il a même déclaré que le Président devrait être au milieu du combat. Les professionnels ont simplement ri. Ils savaient qu’il n’y a ni amis, ni ennemis dans la politique, seulement des collègues et des concurrents – que les vertus sont nulles et la tactique est tout. Ils étaient sûrs qu’il perdrait, mais il a gagné d’un cheveu, (2) et ils ont été étonnés. Ils ont été même plus étonnés d’apprendre que les Protestants ignorants et obstinés de la Virginie Occidentale et les fermiers de trous perdus du Minnesota, les partisans fervents d’Hubert H. Humphrey, avaient voté pour lui.

Une fois qu’ils se furent remis, les professionnels regardèrent une seconde fois ses principes de base. Ils ont noté que Kennedy avait pris des positions ou avait fait des promesses 150 fois sur les questions de défense nationale, 54 fois sur la politique étrangère, 21 sur des problèmes agricoles, 35 sur l’administration et la justice, 41 sur l’emploi, 14 sur les affaires et 16 sur la politique économique. Ils se sont rendus compte qu’il avait réussi à rassembler les Noirs en gagnant des votes sur le thème de la suprématie blanche, (3) et que bien qu’il ait revendiqué être un libéral il avait, le 4 octobre 1960, accusé Eisenhower et Nixon de faiblesse et d’échouer à agir sur le problème cubain. À Evansville, il avait même promis de renverser Castro. Il avait affirmé son opposition au Communisme et avait promis de renforcer la défense nationale et amorcer un programme de missile antimissile. À Columbus, en Ohio en 1959, Kennedy s’était décrit comme non seulement un libéral, mais aussi “un libéral fort,” mais les Républicains conservateurs se sont moqués des notions libérales de ce millionnaire et les Démocrates libéraux l’ont considéré avec soupçon.

En comprenant qu’ils avaient été battus sur leur propre terrain, les professionnels étaient encore plus fous quand ils ont découvert que Kennedy était un adversaire fondamental de leurs pratiques usuelles. La majorité des politiciens était opposée au mouvement d’anti-médiocrité présidentielle. Ils ont reculé devant son impatience de débarrasser le pays du Nibelungenlied de l’Ouest Lointain et du vendeur.

La politique en tant que carrière est méprisée aux Etats-Unis. Franklin D. Roosevelt s’appelait lui-même un fermier. Même comme Représentant et plus tard comme sénateur, Kennedy était debout avec la tête et des épaules au-dessus de la masse des politiciens avides et aigris qui passent leurs vies à mesurer laborieusement l’échelle du succès. “La Maison Blanche n’est pas à vendre,” avait une fois remarqué le sénateur Wayne Morse de l’Oregon. Kennedy n’était pas l’un d’entre eux. Il n’avait jamais appartenu à leurs cliques . Il n’agissait pas comme un sénateur, il ne considérait pas non plus le Sénat comme le point culminant de l’évolution humaine.

La plupart des sénateurs suivaient le conseil de Télémaque : “Service, talent, mérite ? Bah! Suivez le groupe…” De ce point de vue, Kennedy était à un niveau différent de celui d’Everett Dirksen, Hubert Humphrey et Hale Boggs Représentant de la Louisiane. Le jour avant son inauguration, ils se demandaient toujours comment diable il avait été élu, puisque le Sénat pour Johnson, la Chambre pour Symington, les intellectuels pour Stevenson, les libéraux d’ADA pour Humphrey et Stevenson, les leaders des droits civils pour Humphrey, les leaders du travail pour Humphrey et Symington et les habitants du Sud pour Johnson. Quand vous en veniez directement à cela, Kennedy n’avait que le peuple de son côté .

Le 29 janvier 1961, Kennedy s’est attaqué à son premier Message de l’Etat de l’Union au Congrès :

“C’est un plaisir de retourner d’où je suis venu. Vous êtes parmi mes amis les plus vieux à Washington – et cette Chambre est ma maison la plus ancienne. C’était ici, il y a plus de 14 ans, que j’ai d’abord fait le serment du bureau fédéral. C’était ici, pendant 14 ans, que j’ai gagné tant connaissance qu’inspiration des membres des deux partis dans les deux Chambres – de vos leaders sages et généreux – et des déclarations – dont je peux me rappeler de façon éclatante, étant assis où vous êtes maintenant assis – incluant les programmes de deux grands Présidents, l’éloquence intacte de Churchill, l’idéalisme montant en flèche de Nehru, les mots fermes du Général de Gaulle. Parler de cette même tribune historique est une expérience sérieuse. Être de retour parmi tant d’amis est une expérience heureuse.

“Je suis confiant que l’amitié continuera. Notre Constitution assigne sagement des rôles tant joints que séparés à chaque branche du gouvernement; et un Président et un Congrès qui se tiennent dans un respect mutuel ne permettront, ni n’essayeront n’importe quelle violation. Pour ma part je ne refuserai ni au Congrès, ni au peuple tout fait ou rapport, passé, présent ou futur, qui serait nécessaire pour un jugement informé de notre conduite et de nos dangers. Je ne changerai ni le fardeau des décisions exécutives au Congrès, ni n’éviterai la responsabilité du résultat de ces décisions.”

Il a peint une image sombre de l’état de la nation, a dénoncé ses faiblesses et a promis de faire face à ses problèmes carrément, ajoutant : “Avant que mon mandat ne soit fini, nous devrons tester à nouveau si une nation organisée et gouvernée comme la nôtre peut durer. Le résultat n’est en aucun cas certain.” Et il a conclu, “c’est une des ironies de notre temps que les techniques d’un système dur et répressif doivent être capables d’instiller la discipline et l’ardeur dans ses servants – tandis que les bénédictions de liberté ont trop souvent signifié le privilège, le matérialisme et une vie de bien-être.

“Mais j’ai une vue différente de la liberté. La vie en 1961 ne sera pas facile…”

Un frisson imperceptible est descendu le long du dos du Congrès. On ne peut pas juger un Président en vertu d’un seul discours, mais ce Président avait déjà agi. Les Démocrates ont été déçus quand Kennedy a choisi McNamara au lieu de Stuart Symington comme Secrétaire à la Défense et Dean Rusk plutôt qu’Adlai Stevenson comme Secrétaire d’Etat. Ils ont noté que le Président du Comité National Démocratique Henry Jackson avait été oublié et que les groupes d’opposition que le Président avait besoin de réconcilier n’avaient aucune représentation de Cabinet. Le Secrétaire à l’Agriculture ne venait pas de la Farm Belt et n’était pas connu pour son soutien des fermiers et le Ministre du Travail n’était pas un des noms soutenus par les syndicats. Le poste du Ministre des Postes et Télécommunications est allé non à un politicien ou chez un chef de parti, mais à un administrateur expérimenté. Néanmoins, Kennedy nomma Douglas Dillon Secrétaire du Trésor plutôt que J. Kenneth Galbraith dans une tentative pour rassurer les Républicains. (4)

Les propositions législatives initiales de Kennedy étaient modérées. Il avait besoin de soutien au Capitole et il a traité le Congrès comme un animal sauvage qui doit être traité avec précaution. Il savait qu’il n’y a rien que les hommes aiment moins que la vérité et que la politique est une lutte continuelle, mais il était encore inconscient du fardeau de la Présidence. Il avait pris Harry Truman durant dix-huit mois pour développer son propre style personnel. Kennedy devait commenter ultérieurement que “Les premiers mois sont très durs…” (5) Il avait de la difficulté à adapter sa manière de penser à celle des politiciens. En parlant devant les caméras de télévision CBS en hommage au poète Robert Frost, il a commenté :

“Il y a une histoire, il y a quelques années, qu’une mère intéressée a écrite au principal d’une école : N’apprenez pas la poésie à mon garçon. Il va poser sa candidature au Congrès.

“Je n’ai jamais eu le point de vue que le monde de la politique et le monde de la poésie soient si éloignés. Je pense que les politiciens et les poètes partagent au moins une chose et c’est que leur grandeur dépend du courage avec lequel ils font face au challenger de la vie.”

Quand Lyndon Johnson était Leader de la Majorité au Sénat, il avait décrit le Sénat de tout à fait une autre façon :

“Le Sénat est un animal sauvage qui doit être apprivoisé. Vous pouvez le stimuler en le piquant légèrement, mais si vous le piquez trop durement il peut céder ou il peut vous courir après. Vous devez vous en approcher juste de la bonne manière et vous devez savoir dans quelle humeur il est.”

Lyndon Johnson avait aussi dit :

“Ils m’ont dit quand je suis venu au Congrès, que la meilleure façon de s’entendre avec vos confrères membres du Congrès est de suivre.”

Un Membre du Congrès doit seulement s’inquiéter de deux choses : ses confrères membres du Congrès, qui peuvent ruiner sa carrière, et ses électeurs, qui peuvent la terminer. Un sénateur qui échoue à soutenir les intérêts de son état prend un grand risque.

Kennedy savait que les Pères fondateurs avaient conçu le Sénat comme “un corps qui ne serait pas soumis à des pressions constitutives” et les sénateurs comme “des ambassadeurs des gouvernements souverains individuels au Gouvernement Fédéral, pas des représentants du public qui vote.” (6) Mais les choses n’avait pas évolué de cette manière. Les ambassadeurs étaient très souvent sujets à la corruption.

La tradition et la loi dirigent la conduite des membres de la branche exécutive, mais les législateurs ne sont responsables envers personne. Apparemment il est impossible de légaliser le rapport entre l’argent et la politique dans la vie publique. (7)

Trois membres de l’administration de Kennedy étaient des millionnaires, mais ils pouvaient expliquer leurs fortunes, quelque chose que la majorité des 40 Membres millionnaires du Congrès (18 Représentants et 22 Sénateurs, soit un sur 3) aurait trouvé plus difficile à faire. (8)

Son manteau de vigogne coûta à Sherman Adams, le bras droit d’Eisenhower, son poste à la Maison Blanche, mais les transactions obscures du sénateur de l’Oklahoma Robert Kerr, le roi détrôné du Sénat, étaient connaissance commune. (9) Walter Lippman a dit une fois que :

“Avec des exceptions si rares qu’elles sont considérées comme des miracles de la nature, les politiciens démocratiques couronnés de succès sont des hommes peu sûrs et intimidés. Ils avancent politiquement seulement quand ils calment, apaisent, subornent, séduisent, embobinent ou réussissent autrement à manipuler les éléments de menace exigeants dans leurs circonscriptions électorales. La considération décisive n’est pas si la proposition est bonne, mais si elle est populaire – pas si elle fonctionne bien et fait ses preuves, mais si les électeurs qui parlent beaucoup l’aiment immédiatement.” (10)

Une fois que Kennedy a été installé à la Maison Blanche et que son style de vie est devenu apparent, les politiciens se sont rendus compte qu’il avait peu en commun avec eux. Comme un Membre du Congrès rural a remarqué en 1962, “Toute cette musique de Mozart et danse de ballet là-bas et tous ces vêtements londoniens et de chasse au renard… Il est trop élégant pour moi.”

Le Représentant Edouard Hebert de la Louisiane se référait aux Nouveaux Frontiersmen comme à “une bande d’adolescents qui sont des génies dans la communauté intellectuelle, mais n’ont jamais tiré un coup de feu de colère.” Beaucoup de politiciens étaient si habitués à s’adresser à des auditoires ignorants que leur vocabulaire n’avançait jamais au-delà du niveau d’une école secondaire. (11) l’Américain par opposition à la langue anglaise est indexé au plus petit dénominateur commun. L’anglais de Kennedy était incompréhensible pour eux :

“Auriez-vous considéré comme un ami de la Grèce antique celui qui discutait tranquillement de la théorie du patriotisme ce jour d’été chaud dans ces heures désespérées et immortelles où Léonidas et les 300 se trouvaient aux Thermopyles pour la liberté ? Considéreriez-vous comme ami de la liberté celui qui se tient de côté aujourd’hui ? (12)

“Thucydide a annoncé que les Péloponnésiens et leurs alliés étaient tous-puissants dans la bataille, mais handicapés par leur corps politique – dans lequel, ils ont raconté, chacun presse ses propres buts…” (13)

Qui sur la terre était Thucydide ? Où était le Péloponnèse ? Et qu’étaient les Thermopyles ?

Mais il y avait plus que cela. Dans les questions de religion, Kennedy maintenait une stricte neutralité, mais il avait une conception catholique de la Présidence. Tandis que la théorie Protestante base l’autorité politique sur le mandat des gens et un respect pour l’individu, les Catholiques regardent l’autorité comme provenant directement de Dieu. “J’ai essayé de donner un ton à mon gouvernement et un style qui servira d’inspiration pour la perfection,” a dit Kennedy.

“La perfection” est un mot étranger au Capitole et les Membres du Congrès n’aiment pas être prêchés. La Constitution américaine place le pouvoir législatif en avant de l’exécutif. Le Président peut interroger, suggérer ou conseiller le Congrès, mais c’est la limite de ses pouvoirs formels. Le Congrès contrôle seul les dépenses fédérales. Le Président ressemble à un chat sur un toit d’étain brûlant. Son programme dépend entièrement de la volonté du Congrès.

“Un Président qui veut profiter de son poste doit apprendre à peser son intérêt d’influence personnelle – le pouvoir dans le sens d’efficacité réelle – dans la balance de chaque décision qu’il prend. Il doit toujours penser à ses risques personnels, en termes de pouvoir pas simplement pour se protéger – c’est le moindre de cela – mais pour obtenir des indices, une compréhension des risques de la politique. Sa propre position est si ténue, si peu sûre, que s’il y pense, il va probablement apprendre quelque chose sur les inconnues et les incertitudes dans les alternatives de la politique.” (14)

Seulement deux fois dans l’histoire américaine le Sénat a unanimement soutenu le Président : en 1930 après la faillite de Wall Street et après l’attaque sur Pearl Harbor. La Constitution stipule que le Congrès fait la politique et le Président l’exécute, mais l’histoire et le développement rapide des Etats-Unis ont déplacé l’initiative vers la Maison Blanche. Néanmoins, le système législatif est tel que le Congrès a le pouvoir de bloquer non seulement des changements révolutionnaires, mais a aussi des réformes nécessaires . Sa structure est inadaptée aux pré-requis du gouvernement moderne. Avec ses pouvoirs négatifs, c’est un anachronisme.

Il est vrai qu’avant 1960 la Constitution n’était plus suivie à la lettre. Le Congrès conservait le droit de faire la politique, mais les problèmes d’une nation moderne sont si complexes et si vastes que ses membres préféraient se limiter à la représentation des intérêts de leurs électeurs et bloquer les initiatives de l’administration. L’Amérique n’est pas représentée en juste proportion au Capitole. La majorité nerveusement conservatrice de la Chambre des Représentants est continuellement en opposition avec la majorité plus détendue et ouverte au Sénat. Les membres de la Chambre, dont les circonscriptions électorales sont plus petites, sont absorbés par des problèmes locaux. À cause de leur mandat de deux ans, ils sont constamment préoccupés de leur réélection, au détriment de leurs devoirs législatifs.

La plupart des Membres du Congrès reculent des problèmes réels faisant face à la nation, ceux qui peuvent seulement être résolus par l’intervention fédérale. (15) Sous Eisenhower, le pouvoir du gouvernement fédéral a diminué, à l’avantage des états. Washington et Dallas sont des mondes à part. “Beaucoup de personnes dans ce pays parlent de Washington comme si c’était quelque part outre-mer,” dit le leader Démocrate du Sénat Mike Mansfield.

Les états désirent accepter des faveurs de Washington. La construction des autoroutes d’état, par exemple, est financée à 93 % par le gouvernement fédéral et les subventions d’éducation fédérales sont également élevées. Mais ils refusent d’accepter l’évidence – que les Etats-Unis deviennent de plus en plus unis. Même les accents régionaux se mélangent en un, mais les planteurs de coton du Sud ne partagent pas toujours les intérêts des fermiers du blé du Middle West.

Simultanément avec le développement des pouvoirs Présidentiels depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le Congrès a étendu son contrôle de l’administration. Les agences fédérales sont à la merci des comités du Capitole. Quelle grande puissance peut aujourd’hui se permettre le luxe d’une législature toute-puissante?

En réalité, ni le Président ni le Congrès n’ont des pouvoirs clairement définis. Leurs sphères d’action se chevauchent. Mais les propositions législatives de Kennedy ont été plus soigneusement projetées et minutieusement détaillées que celles de tout autre Président, même Roosevelt pendant le New Deal. Puis l’avenir de la nation était en jeu. Les législateurs le savaient, mais ils ont bougonné à propos de la “dictature de Roosevelt ” néanmoins, et 25 ans plus tard ils n’oubliaient toujours pas.

Peu de sénateurs, même des sénateurs démocrates, partageaient la perspective de Kennedy. Ils ont voté en faveur de ses projets de loi parce que l’on s’attend à ce qu’un sénateur soutienne le Président quand son parti est au pouvoir ou dans quelques cas parce qu’ils craignent des représailles.

L’accession de Lyndon Johnson à la Vice-présidence en 1961 avait affaibli le groupe de la majorité au Congrès. Le parti Démocrate est le seul vrai parti national, mais au Congrès il est divisé par des intérêts locaux et régionaux conflictuels. En 1961, les Démocrates du Sud s’allièrent avec les Républicains conservateurs contre le reste des Démocrates, qui étaient soutenus par quelques Républicains libéraux. Mais dans des votes importants les derniers rentrèrent au bercail. Une telle discipline de parti était rarement en évidence parmi les Démocrates.

La pression des lobbyistes a embrouillé plus tard les questions. En 1961, ils furent responsables du rejet de la Chambre du Projet de loi sur l’Éducation Fédérale qui avait déjà passé le Sénat et en 1962 dans le Sénat ils ont réussi à bloquer le projet de loi sur le commerce déjà approuvé par la Chambre. Avec les 64 Démocrates du Sud votant généralement contre lui, Kennedy a été forcé de compter sur les votes des Représentants Républicains dissidents. Le destin de la Nouvelle Frontière reposait dans les mains de quelques sénateurs vieillissants du Sud, dont la plupart étaient nés avant le changement de siècle et représentaient des intérêts ruraux dans une nation urbaine, ou était accroché au soutien éphémère des Républicains non-conformistes.

Les traditions et les particularités du système du Congrès ont en outre compliqué la situation. (16) Le vote sur le budget a été une fois retardé pendant quatre mois parce que le Représentant Cannon (Missouri), âgé de 83 ans et le Sénateur Hayden (Arizona), âgé de 84 ans, étaient en mauvais termes. D’autres Sénateurs comme Richard Russell (Mississippi) ou Harry F. Byrd (Virginie), qui ont déclaré une fois que “l’Administration de la Sécurité Sociale est en faillite,” étaient à des siècles du Président Kennedy dans leur pensée. Les règles antédiluviennes dirigeant le Congrès leur donnaient toute l’aide dont ils avaient besoin. Kennedy lui-même a reconnu que :

“La Constitution et le développement du Congrès favorisent tous les deux le retard. Il est très facile de défaire un projet de loi au Congrès. Il est beaucoup plus difficile de le faire adopter. Passer un comité, disons la Commission des Finances du sous-comité de la Chambre et obtenir un vote majoritaire, le plein comité et obtenir un vote majoritaire, aller chez le Comité des Lois et obtenir une loi, allez au niveau de la Chambre et obtenir une majorité, recommencer au Sénat, au sous-comité et au plein comité et dans le Sénat il y a un débat illimité, donc vous ne pouvez jamais apporter un sujet à un vote s’il y a assez de détermination de la part des adversaires, même s’ils sont une minorité, pour passer le Sénat avec le projet de loi. Et avoir ensuite unanimement une conférence entre la Chambre et le Sénat pour ajuster le projet de loi, ou si un membre a des objections, le faire retourner par le Comité des Lois, encore par le Congrès et avoir fait ça sur un morceau controversé de législation où des groupes puissants y sont opposés, c’est une tâche extrêmement difficile. De telle sorte que la lutte d’un Président qui a un programme à faire passer au Congrès, particulièrement quand le système d’ancienneté peut placer des individus particuliers dans des positions clefs qui peuvent être complètement hostiles à votre programme et peuvent être, bien qu’ils soient les membres de votre propre parti, en opposition politique au Président – c’est une lutte avec laquelle chaque Président qui a essayé d’obtenir un programme a dû traiter. Après tout, Franklin Roosevelt a été élu par la plus grande majorité dans l’histoire en 1936 et il a obtenu sa pire défaite quelques mois après dans le projet de loi de la Cour Suprême. ”

Et il a ajouté :

“Aucun programme Présidentiel n’est jamais mis en place. La seule fois où un programme Présidentiel est mis en place rapidement et facilement est quand le programme est insignifiant. Mais si c’est significatif et affecte des intérêts importants et est controversé, en conséquence, alors il y a un combat et le Président n’est jamais complètement couronné de succès.” (17)

Les propositions législatives de Kennedy ont empiété sur des doctrines traditionnelles et ont attaqué les droits acquis. Ce n’était pas souvent qu’il est sorti victorieux de la bataille. En moins de 3 ans, il a envoyé 1.054 projets de loi au Congrès. Pendant ses 100 premiers jours en fonction, il a fait 277 propositions séparées concernant des mesures d’anti-récession, santé, logement, éducation, aide étrangère, Amérique Latine, programme d’autoroute, impôts et agriculture. Il y avait trop d’idées et elles sont venues trop vite. Ses propositions ont été présentées trop froidement et analytiquement et elles impliquaient une vue trop critique de la société américaine. Le Congrès a commencé à se sentir mal à l’aise. Beaucoup de législateurs se sont sentis personnellement menacés. C’était leur société. Resterait-il quoi que ce soit après la tempête ?

Alors soudainement ils se sont rappelés que ce Président avait gagné l’élection par seulement 120.000 votes, que 27 des 50 états avaient voté contre lui et que sans les votes de son propre état du Massachusetts il ne serait jamais entré la Maison Blanche. Ils se sont rendus compte aussi que la majorité des Protestants, les hommes d’affaires, les professions libérales, les fermiers et les petites gens de la ville étaient contre lui.

Il est vrai que Kennedy déjeunait chaque mardi matin avec les leaders du Congrès et se réunissait régulièrement avec des représentants de parti. Vrai, aussi, il avait un grand respect pour le Capitole et quand il accompagnait un Membre du Congrès à son état il faisait tout son possible pour le soutenir. Le problème se trouvait ailleurs. Kennedy était en bons termes personnels avec les membres du Congrès, mais il échouait à discuter des questions avec eux assez souvent et il ne croyait pas aux comités. A leurs yeux, il parlait trop franchement et refusait d’esquiver les questions, (18) et ils n’aimaient pas l’idée qu’il avait l’intention de diriger les Etats-Unis lui-même. “La branche exécutive du gouvernement veut même contrôler les fermiers,” a hurlé le sénateur Dirksen.

En 1961, le Congrès a approuvé les budgets pour la défense nationale et le programme spatial et a voté en faveur du Corps de la Paix et l’Alliance pour le Progrès, mais il a rejeté les propositions les plus importantes de Kennedy, celles qui visaient à aider les pauvres, les personnes âgées, les chômeurs, les étudiants, les Noirs et les fermiers et il a rejeté par le vote les mesures qui posaient une menace pour la profession médicale, les hommes d’affaires, les actionnaires et les états . (19) Les projets de loi votés par le Congrès traitaient des problèmes qui, quoique dans certains cas urgents, avaient une importance secondaire et qui avaient seulement des répercussions politiques et économiques mineures. (20) Les coalitions se reformaient sur chaque question, contre un Département d’Affaires Urbain un jour, contre l’extension de la Sécurité Sociale le suivant. On se souviendra du 87ème Congrès moins pour ce qu’il a fait que pour ce qu’il n’a pas fait.

Mais si le Congrès était peu satisfait avec le programme intérieur de Kennedy, il était encore plus concerné par sa politique étrangère. Son deuxième Message de l’Etat du d’Union, en janvier 1962, n’a fait rien pour les rassurer :

“Notre obligation primordiale dans les mois à venir est d’accomplir les espoirs du monde en accomplissant notre propre foi…

“Une Amérique forte ne peut pas négliger les aspirations de ses citoyens – le bien-être des indigents – les services médicaux des personnes âgées, l’éducation des jeunes. Car nous ne développons pas la richesse nationale pour son propre bénéfice. La richesse est les moyens – et les gens sont les fins. Toutes nos richesses matérielles nous seront peu utiles si nous ne les utilisons pas pour étendre les opportunités de notre peuple. L’année dernière, nous avons amélioré le régime des gens indigents – fourni plus de repas chauds et de lait frais aux écoliers – construit plus de dortoirs d’université – et, pour les personnes âgées, étendu le logement privé, des maisons de repos, des services de santé et la Sécurité sociale. Mais nous venons de commencer.

“Pour aider ceux les moins chanceux de tous, je recommande un nouveau programme d’assistance publique, appuyant des services au lieu du soutien, la réadaptation au lieu du secours et recevant une formation pour le travail utile au lieu de la dépendance prolongée.

“Pour protéger nos consommateurs des négligents et des sans scrupules, je recommanderai des améliorations des lois Food and Drugs (Alimentation & Médicaments) – durcissement des contrôles et des normes, suppression des produits à risque et sans valeur, évitement des étiquettes induisant en erreur et prise de mesures contre la vente illicite de médicaments créant une accoutumance…

“Ces divers éléments dans notre politique étrangère mènent, comme j’ai dit, à un simple but – le but d’un monde paisible d’états indépendants et libres. C’est notre guide pour le moment et notre vision pour l’avenir – une communauté libre de nations, indépendantes mais interdépendantes, unissant le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest, dans une grande famille de l’homme, oubliant et dépassant les haines et craintes qui déchirent notre âge.

“Nous n’atteindrons pas ce but aujourd’hui ou demain. Nous ne pouvons pas l’atteindre dans notre propre vie. Mais la recherche est l’aventure la plus grande dans notre siècle.

“Nous nous irritons parfois du fardeau de nos obligations, la complexité de nos décisions, l’agonie de nos choix. Mais il n’y a aucun confort ou sécurité pour nous dans l’évasion, aucune solution dans l’abdication, aucun soulagement dans l’irresponsabilité.

“Il y a un an, en assumant les tâches de la Présidence, j’ai dit que peu de générations s’étaient vues concéder, dans toute l’histoire, le rôle d’être le grand défenseur de la liberté dans son heure de danger maximal. C’est notre bonne fortune; et je l’accueille maintenant comme j’ai fait il y a un an. Car c’est le destin de cette génération – de vous au Congrès et de moi comme Président – pour vivre avec une lutte que nous n’avons pas commencé, dans un monde que nous n’avons pas fait. Mais les pressions de la vie ne sont pas toujours distribuées par choix. Et tandis qu’aucune nation n’a jamais fait face à un tel défi, aucune nation n’a jamais été si prête à saisir le fardeau et la gloire de la liberté.” (21)

Un homme est révélé plus par ce qu’il écrit que par ce qu’il dit et même plus par ce qu’il fait que par ce qu’il écrit. Les sénateurs ont fait l’inventaire de l’année 1961 :

- Le 9 mars, les Communistes se préparaient à prendre le pouvoir au Laos;

- Le 12 avril, les Soviétiques ont envoyé un homme dans l’espace;

- Le 19 Avril, Castro a repoussé la timide invasion américaine à la Baie des Cochons;

- Le 1er mai, Hanoi a prévu qu’il contrôlerait le Sud Viêt-Nam avant la fin de l’année;

- Le 30 mai, Trujillo a été assassiné en République Dominicaine;

- Le 4 juin, Khrouchtchev a dit à Kennedy à Vienne que l’Ouest serait expulsé de Berlin;

- Le 21 juin, Khrouchtchev a annoncé son intention de signer un traité de paix séparé avec l’Allemagne de l’Est;

- Le 4 juillet, Khrouchtchev et Brejnev ont envoyé un message de félicitations à l’occasion du 185ème anniversaire de l’indépendance américaine;

- Le 8 juillet, Khrouchtchev a annoncé que l’Union soviétique était obligée de reporter la réduction de ses forces armées;

- Le 26 juillet, le Président Juan Qudros du Brésil a rétabli des relations diplomatiques avec l’Union soviétique;

- Le 13 août, le travail a commencé sur le Mur de Berlin;

- Le 1er septembre, l’Union Soviétique a repris les essais nucléaires;

- Le 25 septembre, dans un discours aux Nations Unies sur le sujet de Berlin, Kennedy a cité un auteur russe; (22)

- Le 27 octobre, l’Assemblée Générale des Nations Unies a demandé à l’Union Soviétique de ne pas faire éclater une bombe de 50 mégatonnes et le 28 octobre les Soviétiques l’ont fait éclater de toute façon;

- Le 25 novembre, le Président Kennedy a accordé une entrevue à Aleksei Adzhubei, le gendre de Khrouchtchev.

Adlai Stevenson, l’Ambassadeur de Kennedy aux Nations Unies, avait déclaré : “le problème n’est pas le pouvoir, mais la justice morale. Les chefs d’Etat étrangers considèrent la politique étrangère des Etats-Unis avec étonnement, hilarité ou dédain.” Il parlait, bien sûr, de la politique étrangère de l’administration précédente. Dix-sept ans après la fin de Deuxième Guerre Mondiale, le Congrès a noté que les seuls alliés réels que les Etats-Unis avaient quitté étaient les Allemands, les Japonais et les Espagnols . Tandis que le Représentant Otto Passman de la Louisiane dénonçait ce qu’il appelait “les internationalistes”, Kennedy disait : “En pressant l’adoption de la Constitution des Etats-Unis, Alexander Hamilton a conseillé à ses compagnons New-Yorkais de ‘ penser continentalement. ‘ Aujourd’hui, les Américains doivent apprendre à penser intercontinentalement.”

“Agissant de notre propre chef, par nous-mêmes, nous ne pouvons pas établir la justice dans le monde entier; nous ne pouvons pas assurer sa tranquillité intérieure, ou pourvoir sa défense commune, ou promouvoir son bien-être général, ou sécuriser les bénédictions de liberté à nous et à notre postérité. Mais joints avec d’autres nations libres, nous pouvons faire tout cela et plus. Nous pouvons aider les pays en voie de développement pour rejeter le joug de la pauvreté. Nous pouvons équilibrer notre commerce mondial et paiements au niveau de croissance le plus haut possible. Nous pouvons monter une force de dissuasion assez puissante pour dissuader n’importe quelle agression. Et en fin de compte nous pouvons aider à réaliser un monde de loi et de libre choix, bannissant le monde de guerre et de coercition. ” (23)

En avril 1962, un sondage Gallup a révélé qu’une majorité des Américains approuvait ce que Kennedy faisait . Il était aussi populaire qu’Eisenhower. Il est devenu de plus en plus sûr de lui. Les membres du Congrès et leurs femmes étaient invités à la Maison Blanche. Ils ont été forcés d’admettre qu’il était beaucoup plus accessible au téléphone qu’Ike et que, à la différence de Franklin D. Roosevelt, qui refusait de recevoir ses ennemis du Congrès, Truman, qui battait froid les Sénateurs qui l’avaient ignoré comme Vice-président et Eisenhower, qui avait gardé ses distances, Kennedy était en bons termes avec chacun. Mais ses adversaires du Congrès considéraient ses sourires comme rien de plus qu’une tactique intelligente et leurs comités ont continué à bloquer ses propositions. (24) Ils savaient qu’ils étaient contre un activiste, un Président qui pensait dans de larges coups, pas en termes de petits détails administratifs, un ultra-libéral qui était en bons termes avec les syndicats et les Noirs, mais dont le point fort n’était pas l’administration.

Il a fait un usage maximal des relations publiques et son accès direct aux gens pour gagner le soutien populaire pour ses programmes. Certains Démocrates ont noté que ses actions étaient plus judicieuses que ses mots. Ils ont conclu qu’il était un Président persuasif, mais pas dominant. Les Républicains étaient moins indulgents. Ils se méfiaient de son intelligence, sa générosité et son ambition. Les Républicains dans la Chambre étaient plus véhéments dans leur critique. “Il est un politicien intelligent,” ont-ils dit. “Il est seulement populaire auprès de la Presse. Il n’y a pas le quart des gens dans ma zone qui approuvent son programme.” On a étiqueté le Président comme un opportuniste et un égocentriste. “Il parle comme Churchill et agit comme Chamberlain,” ont-ils pleuré. “Pour lui, un Démocrate du Sud est le diable lui-même.”

Les élections législatives de 1962 furent une déception pour les Républicains, qui ont gagné peu de sièges, probablement à cause de la position vigoureuse de Kennedy pendant la crise des missiles cubaine. (25) Mais la majorité Démocratique était seulement une chimère. Le programme législatif de Kennedy dépendait toujours des votes de trois ou quatre Démocrates et la plupart de ses propositions étaient toujours en attente avant le Congrès.

En janvier 1963, Kennedy a continué l’offensive. (26) Dans les six premiers mois de 1963, le Congrès a approuvé 29 de ses projets de loi, mais pas les plus importants. (27) Il a réintroduit la proposition de réduction d’impôt qui visait à stimuler l’économie et ses mesures fournissant une aide aux étudiants, aux vieillards et aux pauvres.

Les Membres du Congrès étaient plus concernés par leur courrier. Leurs électeurs ont fait une offensive renouvelée contre Cuba et une diminution dans les dépenses fédérales et ils s’opposaient à tout accord avec l’Union Soviétique. L’égoïsme législatif est toujours une réflexion de celui des électeurs. Dans les premiers jours de la nouvelle administration, les Membres du Congrès Républicains aussi bien que Démocratiques avaient essayé de diriger le flux des dollars fédéraux vers leurs états, mais maintenant les planchers du Capitole gémissaient sous le fardeau de dépenses fédérales accrues. (28)

Le 19 juin 1963, Kennedy présenta son projet de loi sur les droits civils, la température du Congrès monta de dix degrés et le débat fut vif, mais les droits civils soutenaient le programme législatif entier. Beaucoup de Démocrates n’étaient pas d’accord avec Kennedy sur l’urgence de cette loi. Beaucoup plus d’Américains étaient d’accord avec le sénateur du Sud qui déclara, “Kennedy est dans un piège et je pense qu’il commence à le comprendre de plus en plus.” (29) Ils doutaient que l’administration puisse contrôler les leaders des droits civils et quand le Président a déclaré que ce contrôle dépendait du passage du projet de loi sur les droits civils, ils l’ont accusé de chantage. Un souffle de révolte balaya le Capitole.

Les Républicains proclamaient que c’était l’administration la plus politique qu’ils avaient jamais connue. Ils refusèrent de voter ses réductions d’impôt sans diminutions comparables dans les dépenses fédérales et ils s’opposèrent à son programme d’aide étrangère. (30) Dans les derniers jours de son administration, le Congrès est tombé en léthargie. Non seulement les projets principaux de l’administration, mais aussi le projet de loi augmentant des impôts pour fournir des fonds pour la création d’emplois et des mesures urgentes comme celles concernant la Banque d’Export-Import et le règlement des prix du coton et du lait étaient soutenus au Capitole. Le 25 mai 1961, Kennedy avait dit au Congrès :

“Je crois que cette nation devrait s’engager à la réalisation du but, avant la fin de cette décennie, de poser un homme sur la lune et le ramener sain et sauf sur terre… dans un sens très réel, ce ne sera pas un homme allant sur la lune… ce sera une nation entière.”

Mais en 1963 la majorité des électeurs était prospère et contente de soi. Ils n’étaient pas intéressés par l’avenir. Un Représentant juste de retour de son corps électoral a déclaré. “Mes gens ne veulent pas beaucoup de législation. Ils sont gras, muets et heureux. Ils ne savent pas ce qui se passe à Washington et ne veulent pas le savoir. Ils pensent qu’il y a trop de lois. Peut-être que nous devons continuer une fête d’annulation et nous débarrasser de certaines que nous avons déjà dans les livres.” (31)

Machiavel avait écrit,

“Nous voyons par l’expérience de nos temps que ces princes sont devenus grands, ceux qui ont payé peu d’attention à la foi et ont été assez rusés pour tromper les esprits des hommes. A la fin, ils ont surpassé ceux qui comptaient sur la loyauté.”

Et Richard Nixon, un homme qui comprend la politique américaine, remarqua,

“Les faiblesses de Kennedy doivent être trouvées dans ses succès – tant dans la politique intérieure que dans la politique étrangère.”

L’Amérique était grasse, muette et heureuse.

NOTES

1. Frédéric II

2. Les résultats de l’élection Présidentielle 1960 étaient :

Kennedy : 34.221.355 votes (49.7 %)

Nixon : 34.109.398 votes (49.6 %)

3. En 1957 à Atlanta et à Jackson, au Mississippi, il avait critiqué l’intervention d’Eisenhower à Little Rock.

4. Galbraith, démocrate libéral et professeur d’économie de Harvard, a été nommé ambassadeur en Inde.

5. À William H. Lawrence d’ABC television en décembre 1962.

6. Profiles in Courage.

7. Le conseil de Recherche des Citoyens de Princeton, N.J. évalua les dépenses de campagne totales (annoncées et non annoncées) à 200 millions de $ en 1964. Time a suggéré que le chiffre réel puisse être plus proche de 400 millions de $. La campagne présidentielle échouée de Barry Goldwater coûta 19,3 millions de $, la campagne de John Lindsay pour la Mairie de New York 2.000.000 de $ et la candidature pour les fonctions de gouverneur de Nelson Rockefeller 5.000.000 de $. Cela peut coûter 100.000 $ pour poser sa candidature à un siège à la Chambre des Représentants. Le résultat est d’exclure les candidats à un poste avec des moyens modestes. Comme Time fait remarquer, “un candidat doit maintenant être riche ou avoir des amis riches ou courir le risque de se rendre lui-même redevable à de grands déposants en acceptant leurs grandes contributions.”

Une nouvelle conséquence des pressions financières sur les candidats politiques est d’ouvrir la voie à la corruption. Time appelle les contributions politiques “la nourriture de base de la démocratie.” Le patron Démocratique de Californie Jesse Unruh dit, “l’Argent est le lait maternel de la politique.” Pourtant on considère que les lois dirigeant les sources et l’utilisation faite des contributions politiques sont une plaisanterie, “un fromage suisse” plein de trous.

Le Corrupt Practices Act de 1925, la conséquence d’une réforme qui prit son origine avec Teddy Roosevelt, interdit des contributions de banques nationales, des sociétés, des syndicats et des entrepreneurs du Gouvernement et limite des contributions individuelles à 5.000 $ par an par candidat. Il met une limite sur les dépenses de 5.000 $ pour un candidat à la Chambre, 25.000 $ pour un candidat au Sénat et 3.000.000 de $ pour n’importe quel comité politique – cependant en 1960 le Comité National Démocratique a annoncé un déficit de 3.800.000 $. En 1964, 10 candidats au Sénat et 77 candidats à la Chambre n’ont annoncé aucune dépense du tout. Les candidats présidentiels et Vice-présidentiels et les comités à l’intérieur d’un même État sont entièrement exempts de ces dispositions. Une manière utilisée pour contourner la limite des 3.000.000 de $ est de créer un certain nombre de comités entre états différents, chacun autorisé à dépenser 3.000.000 de $ par an et qui transfèrent secrètement les fonds aux comités d’état qui ne rapportent pas. Le cynisme public est tel que seulement 10 % des électeurs font des contributions politiques. Même les chiffres politiques nationaux les plus grands méprisent les lois. Les leaders du Sénat estiment qu’une information détaillée sur les contributions de campagne n’est “pas l’affaire du public,” et beaucoup de législateurs ont peur que la vérité choque les électeurs. Personne n’est préparé à permettre à leurs challengers de profiter de codes nouveaux et plus stricts.

En 1962, le Président Kennedy a nommé un comité qui recommandait une chaîne modeste de petites réformes : l’allègement fiscal pour de petits donateurs, l’abrogation de limitations sur les donations individuelles et les dépenses de comité entre états, un rapport plus serré et un registre des finances d’élection pour aider à mettre en application les règles. Le Congrès l’a ignorée.

8. À cet égard, US News and World Report commente: “beaucoup de fortunes ont été amassées par les Sénateurs et les Représentants eux-mêmes…” (25 février 1963).

9. Le 7 octobre 1963, Bobby Baker, le secrétaire du Comité Electoral Démocrate du Sénat et connu comme le 101e Sénateur, a démissionné de son poste après les accusations de manipulations financières irrégulières et le colportage d’influence. Baker, un ancien page du Sénat qui avait servi comme “une sorte de valet à certains des hommes les plus puissants en Amérique,” avait été recommandé pour son travail par Lyndon Johnson. En quelques années il avait amassé une petite fortune.

Il apparaît que quand il s’est trouvé en difficulté financière en 1962, il a fait appel, à la suggestion de Johnson, au Sénateur Kerr, qui a promptement ouvert un compte bancaire de 300.000 $ au nom de Baker à Oklahoma City. En janvier 1966, Baker a été accusé d’évasion d’impôt sur le revenu. Il a été appelé en justice en janvier 1967, mais a été libéré sur une caution de 5.000 $. Le sénateur Kerr est mort le 1er janvier 1963.

10. En tant que sénateur du Massachusetts, John Kennedy a voté en faveur de la route du St. Laurent et du commerce plus libre. Les deux projets de loi allaient à l’encontre des intérêts des industries de transport et textiles de Nouvelle Angleterre.

11. On pouvait voir les mêmes Membres du Congrès se glisser furtivement hors d’un dîner de la Maison Blanche pour allumer un cigare

12. Remarques d’adieu faites aux participants au Programme de Stagiaires d’été, le 28 août 1962

13. Francfort, le 5 juin 1963.

14. Professeur Richard E. Neustadt.

15. Certains Membres du Congrès n’ont pas hésité à profiter de leur position. Des histoires de presse en 1962 ont révélé que des fonds fédéraux ont été rendus disponibles aux Membres du Congrès américains voyageant à l’étranger.

À Paris, par exemple, “Il (le Membre du Congrès) décide combien – l’Ambassade ne met pas cela en question. Après cela, il est sur sa propre conscience. Car toute l’Ambassade sait, l’argent pourrait aller à des night clubs ou jeux ou parfums, aussi bien que pour des hôtels et des repas. L’Ambassade est aussi prête à lui donner tout autre aide qu’il demande – une voiture, chauffeur, réservation pour dîner, night club ou théâtre. ‘ Quoi que ce soit sauf des femmes, ‘ dit un fonctionnaire d’une Ambassade en Europe. ‘ Nous traçons la ligne là. ‘” (US News and World Report, 24 septembre 1962).

Dans les années après la Deuxième Guerre mondiale, ces distractions étaient payées de “fonds de contrepartie” (la monnaie locale déposée par un gouvernement étranger en contrepartie d’aide en dollars des Etats-Unis), mais en Europe ces fonds sont presque épuisés et l’argent vient maintenant d’autres sources, par exemple le Département de la Défense.

16. On attribue les présidences de comités du Congrès sur la base de l’ancienneté.

17. Le 17 décembre 1962.

18. Une soirée à la Maison Blanche, une figure politique latino-américaine latine a tiré le Président Kennedy de côté et a commencé à parler de la position désespérée de son pays, menacé, il a prétendu, par “des agitateurs politiques et des Communistes.” Le Président a pensé un instant et a ensuite répondu, “C’est une robe très belle que porte votre femme.” Venant d’un autre, on aurait considéré cette remarque comme un stratagème intelligent, mais Kennedy a laissé les Etats-Unis perplexes.

19. Rejeté par le Congrès étaient des propositions pour :

- Hôpital et soins médicaux pour les personnes âgées sous la Sécurité Sociale;

- Un Département des Affaires Urbaines;

- Un pouvoir de réserve pour le Président pour diminuer les impôts;

- Retrait des impôts sur les dividendes et l’intérêt;

- Aide aux écoles et universités publiques;

- Une révision du système de paye du chômage, avec plus de contrôles fédéraux;

- Un frein aux tests d’alphabétisation utilisés pour bloquer les électeurs noirs;

- Energie publique des usines atomiques américaines;

- Bourses fédérales pour étudiants d’université;

- L’abrogation du crédit de dividende de 4 % et exclusion pour les premiers 50 $ dans les dividendes dans les retours d’impôt sur le revenu fédéral;

- Pouvoirs plus larges pour la Commission Commerciale Fédérale sur les procédures de gestion;

- Aide aux facultés de médecine;

- Contrôles rigides sur les fermiers de céréales;

- Une Commission permanente sur les Droits civils;

- Paie pour l’éducation des enseignants;

- Études pour adultes illettrés;

- Changements des règles de compte de dépense;

- Nouvelles règles d’impôt sur les bénéfices à l’étranger;

- Aide pour travaux agricoles migrateurs, etc.

20. Approuvées par le Congrès étaient les mesures :

- Augmenter le salaire minimal de 1 $ à 1.25 $ par heure;

- Nommer plus de juges fédéraux;

- Resserrer les lois sur la drogue;

- Financer environ 5 milliards de $ de travaux publics, y compris 900 $ pour des projets d’urgence dans les secteurs défavorisés;

- Augmenter les tarifs postaux de 1 cent;

- Augmenter les salaires fédéraux;

- Autoriser le Ministère de la Justice à citer des rapports de société dans des affaires antitrust civiles;

- Agrandir les parcs nationaux;

- Commencer un plan de 435 millions de $ pour recycler les chômeurs;

- Autoriser le Président à appeler 150.000 réservistes et approuver n’importe quelle action nécessaire à Cuba;

- Adopter de nouvelles lois sur le crime et le jeu;

- Fournir une aide complémentaire pour les petits commerces;

- Approuver un plafond de dettes plus haut;

- Couper l’allocation de duty-free pour des voyageurs retournant de l’étranger.

21. Le 11 janvier 1962.

22. “On se rappelle l’ordre du Tsar dans ‘ Boris Godounov ‘ de Pouchkine: ‘ Prenez des mesures à ce moment même pour que les frontières soient clôturées par des barrières … que pas une seule âme passe la frontière, que pas un lièvre ne soit capable de courir ou une corneille de voler. ‘”

23. 4 juillet 1962.

24. La proposition pour une réduction d’impôt et le projet de loi établissant une retenue à la source sur dividendes et intérêt. Les Démocrates du Sud ont bloqué un projet de loi mettant hors la loi les tests d’alphabétisation utilisés dans l’enregistrement d’électeur.

25. La composition du Congrès après les élections de 1962 était comme suit : Sénat – 67 Démocrates et 33 Républicains; Chambre des députés – 256 Démocrates et 178 Républicains .

26. Voir le Chapitre 12, “Condamnation”.

27. Dans les six premiers mois de 1963, le Congrès a voté pour augmenter le plafond de la dette nationale et a approuvé un plan pour contrôler la production agricole.

28. Le budget 1962-1963 s’est élevé à 92,6 milliards de $, contre 87,7 en 1961-1962 et 81,5 $ en 1960-1961.

31. American News and World Report. 12 août 1963.

30. L’aide étrangère des Etats-Unis s’était élevée à 5?1 milliards de $ en 1962-1963. Kennedy a réussi, néanmoins, à maintenir le niveau requis pour 1963-1964, un total de 4,7 milliards de $. (L’aide Étrangère l’année dernière de l’administration Eisenhower s’est élevée à 4,2 milliards de $.)

31. American News and World Report. 12 août 1963.

Laura Knight-Jadczyk, le 15/11/2006

Traduction française: Henri R.

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