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Quand on en vient à Israël, l’Europe est hypocrite, soumise et obséquieuse Imprimer Email
Écrit par Khlaid Amayreh - The Palestinian Information Center   
MONDAY, 26 Mars 2008 00:00

 

 

©Unknown

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Comparé au cinglé de la Maison Blanche, l’Europe peut paraître moins belliqueuse, moins agressive et moins déraisonnable dans son approche globale des questions internationales litigieuses.

 

Cependant, quand la question porte sur la condition critique de la Palestine, les États-Unis et l’Europe se valent, tels « bonnet blanc et blanc bonnet ».

 

Au cours des derniers mois et années, les leaders européens depuis Merkel en Allemagne, à Sarkozy en France, Brown en Grande Bretagne et Berlusconi en Italie jouaient sans honte les proxénètes envers la sauvagerie israélienne au point d’embrasser la criminalité implacable d’Israël contre le peuple palestinien, dont le nettoyage ethnique de type « génocide » dans les territoires occupés, particulièrement la bande de Gaza.

 

Il est vrai que le ton du discours européen semble souvent moins odieux, surtout quand on le compare aux propos absolument agressifs émanant de Washington. Mais, en analyse finale, le résultat dans les deux cas est similaire. En fait, les États-Unis et l’Europe collaborent, et même s’entendent, pour réaliser les mêmes buts non éthiques souvent en jouant l’ancien jeu de Mutt et Jeff[1] (le gentil flic et le méchant flic), avec leurs victimes persécutées, que ce soit en Palestine, au Soudan ou en Iran.

 

Mais l’Europe joue le rôle du « gentil flic » si misérablement que beaucoup de gens au Moyen-Orient (je parle des gens ordinaires, pas des régimes de marionnettes étasuniennes sans dignité) se demandent si l’Europe également a été prise en mains par les neocons bellicistes.

 

Soyons clairs, aucun Palestinien ni Arabe n’exige que l’Europe, surtout des pays comme l’Allemagne, adopte une attitude hostile envers Israël.

 

Cependant, les États européens, y compris l’Allemagne, devraient, indépendamment de toute autre considération incluant le lourd héritage de l’holocauste, faire parfaitement comprendre à Israël que faire le blocus des Palestiniens, les affamer et les tuer sont des actes criminels qui vont bien au-delà des limites de ce qui est acceptable.

 

Certains officiels européens font des déclarations occasionnelles critiquant les atrocités et les actions draconiennes d’Israël contre des Palestiniens impuissants. Cependant, la réticence européenne à agir selon ces déclarations suggère que l’Union Européenne n’est pas sérieuse sur l’adoption d’une approche honnête de la question palestinienne.

 

Si l’Europe veut être sérieuse et honnête par rapport au comportement manifestement criminel d’Israël en Cisjordanie, à Jérusalem Est et dans la Bande de Gaza, elle devrait dire aux dirigeants israéliens criminels que l’étranglement de Gaza est aussi funeste que l’étranglement du ghetto de Varsovie en 1943.

 

Elle devrait dire à Israël qu’affamer, tourmenter et tuer des innocents sous le prétexte de punir le Hamas de ne pas reconnaître l'état manifestement criminel est incompatible avec la loi internationale et la décence humaine.

 

Elle devrait dire à Israël qu’étrangler l’économie palestinienne en Cisjordanie en érigeant plus de 500 barrages routiers de type nazi en dehors de chaque ville, village, hameau et camp de réfugiés est un crime contre l’humanité que l’Europe ne peut tolérer.

 

L’Europe devrait dire qu’interdire à des dizaines de milliers d’intellectuels, journalistes et écrivains palestiniens de voyager à l’étranger est inacceptable.

 

Israël s’adonne systématiquement à chaque violation concevable de la dignité et des droits humains palestiniens, et l’Europe n’est pas sans être au courant de la situation, puisque des centaines d’observateurs, rédacteurs, diplomates et activistes européens basés dans les Territoires occupés communiquent régulièrement à leurs capitales la froide réalité de l’occupation israélienne.

 

En conséquence, l’inaction ou la réticence européenne d’appeler un chat un chat tant qu’Israël est concerné, n’est pas due à l’ignorance de la réalité en Palestine, mais plutôt à une décision européenne intentionnelle de jouer l’aveugle sourd-muet et regarder dans l’autre sens, laissant effectivement les Palestiniens seuls pour faire face à leur sort aux mains d’un État qui est quasiment un crime contre l’humanité.

 

Dans les semaines récentes, Israël a annoncé qu’il construirait des milliers de nouvelles unités de colons uniquement juives dans toute la Cisjordanie, incluant Jérusalem Est occupée par les Arabes. Cela constitue une violation éhontée de la « feuille de route » parrainée par le Quartet et l’esprit du « processus de paix » entre Israël et l’Autorité Palestinienne.

 

Et bien que la décision ait suscité des réactions irritées de certains cercles israéliens pacifistes, comme « Gush Shalom » (Bloc de Paix), les capitales de l’Europe sont restées silencieuses.

 

Pour être honnête, le ministre français des Affaires Étrangères, Bernard Kouchner, de confession juive , a critiqué l’expansion coloniale au cours d’une conférence d’investissement à Bethléem en Cisjordanie la semaine dernière. Cependant, l’embrassade cordiale d’Israël par le président français Sarkozy semble avoir convaincu le leadership israélien que quelles que soient les critiques des crimes israéliens prononcées par le ministre français des Affaires étrangères, elles devraient être écartées aussitôt comme une ruse de relations publiques adaptée pour être avalée par les Arabes.

 

Le 23 mai, les Nations Unies ont rapporté que le nombre de barrages routiers israéliens en Cisjordanie a augmenté de 7% depuis septembre dernier. Cela malgré des promesses et engagements répétés de l'état sioniste de faciliter le mouvement palestinien.

 

Le bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires à Jérusalem a rapporté que le nombre total de barrages routiers et autres barrières a augmenté de 566 le 4 septembre 2007, à 607 le 29 avril 2008. Israël, dit le rapport, a enlevé 103 obstacles mais a construit 144 nouvelles clôtures.

 

A nouveau, il n’y eut pas de condamnation de la part des capitales européennes , les mêmes capitales qui ont boycotté les mouvement du Hamas pour refus de reconnaître la légitimité de l’occupation israélienne de la Palestine et le nettoyage ethnique équivalent au génocide de ses habitants autochtones.

 

Paradoxalement, ce silence honteux répond à un chœur sonore d’appels européens pour faire revivre l’économie palestinienne moribonde, principalement due aux restrictions d’Israël sur la mobilité et l’accessibilité.

 

Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique irrémédiablement malhonnête, a utilisé chaque occasion concevable pour promouvoir sa théorie de « première économie » par rapport aux Palestiniens, principalement dans l’espoir que les mobiles économiques attireraient les Palestiniens à transiger sur des questions essentielles comme le droit au retour pour les réfugiés et Jérusalem Est.

 

Cependant, malgré toutes ses réunions avec des officiels israéliens et des déclarations hautement optimistes, tout ce qu’il a été capable de faire est que l’armée israélienne enlève un ou deux barrages routiers sur plus de 500.

 

C’est l’homme qui s'est efforcé de convaincre le monde que construire une économie palestinienne prospère sous une occupation israélienne de type nazie était un choix digne d’être poursuivi.

 

Inutile de dire qu’une approche européenne moralement inconsistante de la condition critique de la Palestine n’augure rien de bon, ni pour l’Europe, ni pour le monde globalement.

 

En effet, si l’Europe, avec les États-Unis, continue à permettre aux « forces de la jungle » de déterminer la règle du jeu (politique internationale), alors tous les États devront tirer leurs conclusions, parce que la survie est fondamentale pour les nations comme les individus. Et si la force ne respecte que la force, alors tout le monde devra être fort ou risquera l’extinction ou au moins l’asservissement par le puissant.

 

Je dis cela parce que ce que l’Amérique et l’Europe semblent dire aux Palestiniens est qu’aussi longtemps vous serez faibles, vous continuerez à être tués, violés, persécutés et affamés jusqu’à la mort, autrement vous devrez vous contenter d’un esclavage perpétuel par le « peuple élu. »

 

Certains États, comme l’Iran, ont déjà reçu et internationalisé le message, et tôt ou tard, d’autres États se comporteront comme eux.

 

Est-ce le monde idéal que l’Europe voudrait voir ?



[1] Bande dessinée créée par Bud Fihser en 1907 - NdT

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