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Actes de guerre ! Imprimer Email
Écrit par Scott Ritter   
SATURDAY, 27 SEPTEMBER 2008 20:37
Truth Dig
Mercredi 30 juillet 2008

 

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©Associated Press / Brennan Linsley

Des membres du groupe de résistance iranienne Moudjahidin-e Khalk, ou MEK, gardent une route conduisant au principal camp d'entraînement du groupe, surveillé par un char Abrams de l'U.S. Army en arrière-plan, près de Baqubah au nord du centre de l'Irak.

 

La guerre entre les États-Unis et l'Iran est en cours. Les dollars des contribuables étasuniens sont utilisés, avec la permission du Congrès, pour financer des activités qui ont pour résultat des Iraniens tués et blessés, et des biens iraniens détruits. Cette violation non justifiée de la souveraineté d'une nation ne serait pas tolérée si la situation étaient inverséeet que les Américains étaient soumis aux actions secrètes financées par les Iraniens qui prendraient les vies américaines sur le sol américain, et détruisaient les biens et les moyens de subsistance américains. De nombreux Américains restent inconscients de ce qui transpire à l'étranger en leur nom. Beaucoup de ceux qui sont au courant de ces activités les soutiennent, une excroissance de sentiment hors de propos qui tient l'Iran pour responsable d'une liste de griefs utilisée par le gouvernement étasunien pour justifier la guerre contre la terreur globale actuelle. L'Iran, nous dit-on, n'est pas juste une nation cherchant à avoir des armes nucléaires, mais est le plus grand état «sponsor du terrorisme» dans le monde aujourd'hui.

 Une grande partie de l'information derrière cela est promulguée par Israël, qui a intérêtà voir l'Iran neutralisé en tant que menace potentielle. Mais Israël est rejoint par une autre source, encore plus inexplicable, en termes de sa large acceptation dans le monde du journalisme américain: le Moudjahidin-e Khalk ou MEK, un groupe d'opposition iranien qui a juré de renverser la théocratie à Téhéran. La CIA fournit aujourd'hui un support matériel à l'action du MEK à l'intérieur de l'Iran. La récente avalanche d'explosions en Iran, incluant un «accident» particulièrement dévastateur impliquant un convoi militaire transportant des munitions au centre de Téhéran, semble être relié à une opération MEK; ses agents travaillant dans les usines de fabrication de munitions commettent délibérément des actes de sabotage qui aboutissent à ce genre d'explosions. Si l'argent et le soutien planifié de la CIA sont derrière ces actions, le soutien de l'agence ne constitue rien de moins qu'un acte de guerre de la part des États-Unis contre l'Iran.

 Les racines du MEK remontent au renversement, orchestré par la CIA, du Premier ministre démocratiquement élu Mohammed Mossadeg. Formés parmi des étudiants et des intellectuels, le MEK a émergé dans les années 1960 comme une menace sérieuse pour le règne de Reza Shah Pahlavi. Confronté à la brutale répression de la police secrète du Shah, la SAVAK, le MEK est devenu expert à se fondre dans la société iranienne, en formant une structure de type «organisation cellulaire» qui le rend virtuellement impossible à éradiquer. L'effectif du MEK est devenu aussi expert à conquérir des postes sensibles et d'autorité. Quand le Shah a été renversé en 1978, le MEK a joué un rôle majeur et pendant un certain temps a travaillé en coopération avec la Révolution Islamique en mettant sur pied un Iran post-Shah. En 1979, le MEK a occupé un rôle central en orchestrant la prise de l'ambassade étasunienne à Téhéran et en gardant en otage 55 Américains pendant 444 jours.

 Cependant, les relations entre le MEK et le régime islamique à Téhéran se sont détériorées, et après que le MEK ait monté une tentative de coup d'état sanglant en 1981, tous les liens ont été coupés et les deux côtés se sont engagés dans une violente guerre civile. Des membres de la Garde Révolutionnaire qui étaient actifs à ce moment-là ont reconnu la difficulté qu'il y avait à combattre le MEK. Finalement, des arrestations arbitraires, actes de torture et exécutions en quantités massives furent nécessaires pour briser l'activité principale du MEK en Iran, bien que la Garde Révolutionnaire admette aujourd'hui que le MEK reste actif et est virtuellement impossible à éradiquer complètement.

 C'est cette capacité têtue à survivre et à opérer à l'intérieur de l'Iran, à un moment où aucun service de renseignement ne peut y établir et maintenir un réseau d'agents significatif, qui transforme le MEK en un atout majeur pour des nations comme les États-Unis et Israël. Le MEK est capable de fournir du renseignement utile; cependant, sa valeur globale comme ressource de renseignement est entachée de doutes par le fait qu'il est la seule source humaine de renseignement en Iran. En tant que tel, le groupe en est venu à exagérer et à fabriquer des rapports pour servir son propre programme politique. De cette manière, peu de chose différencient le MEK d'un autre groupe d'opposition expatrié du Moyen Orient, le Congrès National d'Irak, ou INC, celui-là même qui a fourni avec infamie des renseignements imprécis aux États-Unis et à d'autres gouvernements et à contribué à influencer la décision étasunienne pour envahir l'Irak et renverser Saddam Hussein. Aujourd'hui, le MEK se voit dans un rôle similaire, en fournissant du renseignement à source unique aux États-Unis et à Israël pour faciliter les opérations militaires américaines contre l'Iran et, en fin de compte, pour renverser le régime islamique à Téhéran.

 La situation actuelle concernant le MEK serait risible s'il n'y avait pas la réalité des activités violentes de cette Organisation. À son arrivée en Irak en 1986, le groupe a été placé sous le contrôle du Mukhabarat de Saddam Hussein, son service de renseignement. Le MEK était une organisation hautement militarisée et elle a participé en 1988 à des opérations militaires à l'échelle de la division contre l'Iran. L'organisation ne représente aucun État et peut être trouvée sur la liste des organisations terroristes du département d'état étasunien, quand bien même que le MEK soit depuis l'invasion de l'Irak en 2003 sous la protection de l'armée étasunienne. Ses combattants ont même reçu un «statut protégé» sous les conventions de Genève. Le MEK déclare que ses membres en Irak sont des réfugiés, pas des terroristes. Et pourtant on aurait du mal de trouver pourquoi la Convention de Genève sur les Réfugiés de 1951 conférerait un statut de réfugié à une organisation paramilitaire active qui utilise des «camps de réfugiés» en Irak comme ses bases.

 Le MEK est derrière une grande partie du renseignement utilisé par l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique, eninstruisant son dossierpour montrer que l'Iran pourrait être en train de poursuivre (ou l'a fait effectivement dans le passé) un programme d'armes nucléaires. La complexité de la relation MEK-CIA a été récemment soulignée par l'acquisition par l'agence d'un ordinateur portable contenant soi-disant de nombreux documents secrets relatifs à un programme d'armes nucléaires iraniennes. On a beaucoup parlé au sujet de cet ordinateur et de son contenu. Les États-Unis ont mené l'accusation contre l'Iran dans les cercles diplomatiques internationaux, en citant les informations contenues dans le portable comme la principale source prouvant l'implication actuelle de l'Iran dans l'activité clandestine sur les armes nucléaires. Bien sûr, les informations provenant de l'ordinateur, étant dérivées de sources douteuses (c'est-à-dire le MEK et la CIA, deux ennemis jurés de l'Iran) sont controversées et leur véracité est mise en question par beaucoup de monde, y compris par moi.

 Maintenant, j'ai une solution simple pour le problème de l'ordinateur portable: lui faire subir le traitement UNSCOM[1]. Réunissez une équipe d'analystes informatiques de la CIA, du FBI et du département de la Défense et testez l'ordinateur, octet par octet. Construisez une chronologie concernant la manière et la date dont les données ont été assemblées dans l'ordinateur. Vérifiez la «logique» des données, en vous assurant que tout s'assemble d'une manière cohérente avec la fonction et l'utilisation déclarées de l'ordinateur. Dites-nous quand l'ordinateur a été allumé, quand on a accédé aux données, et comment il a été utilisé. Puis, avec ce descriptif complexe établi, superposez les divers thèmes qui ont été déduits des contenus de l'ordinateur, concernant les projets, les études et autres activités intéressantes. On devrait être capable de constater rapidement si oui ou non l'ordinateur est vraiment une pièce clé du renseignement concernant les programmes nucléaires de l'Iran.

 Le fait que cet ordinateur soit reconnu comme provenant du MEK et le fait qu'une enquête légale adaptée démontrerait probablement la nature fabriquée des données contenues sont la raison pour laquelle le gouvernement étasunien ne sera jamais d'accord pour qu'une telle enquête soit réalisée.

Un procureur, quand iltraite une affaire criminelle, doit exposer les pièces à conviction d'une manière simple et directe, permettant non seulement au juge et au jury de «les voir» mais aussi à l'accusé. Si les pièces à conviction sont aussi indéniables que le maintient le procureur, c'est habituellement une mauvaise nouvelle pour l'accusé. Cependant, si la défense est capable de démontrer des incohérences et des imprécisions dans les données présentées, alors c'est l'accusation qui est en difficulté. Et si la défense est capable de démontrer que toute l'affaire est instruite sur des pièces à conviction falsifiées, l'affaire aboutit généralementà un non lieu. En bref, c' est ce qui devrait être fait au cours de l'enquête actuelle que mène l'IAEA au sujet des allégations accusant l'Iran d'avoir poursuivi son activité sur les armes nucléaires. Les preuves utilisées par l'IAEA ne peuvent résister même à la plus rudimentaire contre-analyse. C'est spéculatif au mieux, et plus probablement fabriqué. L'Iran a eu raison de refuser de légitimer cette source illégitime d'information.

 Une question clé qui doit être posée est pourquoi, alors, l'IAEA continue-t-il à permettre à Olli Heinonen, le directeur adjoint de l'agence pour les mesures préventives et l'officiel de l'IAEA responsable des contrôles techniques actuels en Iran, de mener sa campagne seul au nom des États-Unis, de la Grande Bretagne et (indirectement) d'Israël concernant les allégations déduites de sources d'une véracité si douteuse (l'ordinateur portable fourni par le MEK)? En outre, pourquoi un tel officiel est-il autorisé à discuter de donnés aussi sensibles avec la presse, ou avec des organisations externes motivées politiquement, d'une manière qui aboutit à des allégations douteuses apparaissant dans le domaine public comme un fait incontesté? Dans des circonstances normales, des fuites de cette sorte qui se sont produites à propos de l'enquête en cours sur les soi-disant études antérieures sur les armes nucléaires, seraient sujettes à une enquête exhaustive pour en déterminer la source et s'assurer que des mesures appropriées soient prises pour y mettre fin. Et pourtant, à Vienne, les transgressions répétées d'Heinonen sont traitées comme un géant «non-événement,» le gorille de 400 kg dans la pièce dont tout le monde prétend qu'il n'est pas là..

Heinonen est devenu le yinpro-guerre du yang anti-confrontation de son chef, le directeur général de l'IAEA Mohamed ElBaradei. Chaque fois que ElBaradei diffuse les résultats de l'investigation de l'Iran par l'IAEA, mettant en exergue que l'IAEA ne peut trouver aucune preuve de l'existence d'un programme d'armes nucléaires passé ou présent, et qu'il y a une totale compréhension du programme d'enrichissement à base de centrifugeuses controversé, Heinonen jetteune clé à molette dans le mécanisme. Les diplomates basés à l'IAEA reçoivent des briefings bien médiatisés. Mystérieusement, il se produit des fuites de sources non révélées. La nationalité finnoise d'Heinonen sert de mince couverture pour une neutralité qui a disparu depuis longtemps. Il n'assume plus le rôle d'inspecteur impartial, mais représente plutôt une façade pour la poursuite active d'une campagne de désinformation inspirée par les Américains et les Israéliens, conçue pour maintenir en vie les minces allégations d'un programme d'armes nucléaires iranien inexistant, dans le but de justifier l'attitude guerrière continue prise par les États-Unis et Israël contre l'Iran.

Le fait que l'IAEA soit utilisée comme façade pour poursuivre cette propagande ouvertement anti-iranienne est un mauvais service rendu à une organisation avec une mission d'importance vitale. L'interjection non seulement des données de l'ordinateur portable non vérifiées (et invérifiables) du MEK, côte à côte avec un intérêt renouvelé au sujet d' un document relié à la formation d'uranium en hémisphères du genre utile à une arme nucléaire, est une manipulation d'amateur de données pour atteindre un résultat prédéterminé. Appelant la possession iranienne du document précité comme «alarmante,» Heinonen (et les médias) a passé sous silence l'histoire du document, qui a été évidemment bien expliquée précédemment par l'Iran comme « un élément que le producteur nucléaire pakistanais A.Q. Khan a inséré de sa propre initiative dans la documentation concernant les centrifugeuses, lors d'une livraison». Bien loin d'être un document «top secret» protégé par les services secrets de l'Iran, il a été mis de côté dans un dossier d'anciens documents que l'Iran avait fourni aux inspecteurs de l'IAEA. Quand l'IAEA a trouvé le document, l'Iran a permis qu'il soit examiné intégralement par les inspecteurs, et a répondu à chaque question posée par l'IAEA sur la manière dont le document s'était retrouvé en Iran. Le fait que Heinonen qualifie le document «d'alarmant», à cette étape tardive dans ce «jeu de dupes», est non seulement irresponsable mais réellement imprécis, étant donné la définition du mot.

Le document iranien en question n'est ni une cause d'alarme, - car ce n'est pas une source valable pour déclencher une «peur soudaine suscitée par le sens du danger,» ni ne fournit «un avertissement d'un danger existant ou approchant,» à moins qu'on ne parle du danger de l'action militaire de la part des États-Unis, déduite des actions et du choix des mots malheureux d'Heinonen.

 Olli Heinonen pourrait aussi bien devenir un salarié de l'administration Bush, puisqu'il agit à l'unisson avec l'objectif du gouvernement étasunien et dépeint l'Iran comme une menace digne d'une action militaire. Peu après le briefing alarmiste d'Heinonen en mars 2008, l'ambassadeur étasunien de l'IAEA, Gregory Schulte, est apparu pour annoncer, «Comme l'a montré le briefing d'aujourd'hui, il y a de fortes raisons de suspecter que l'Iran a travaillé secrètement et de manière trompeuse, du moins jusqu'à récemment, pour fabriquer une bombe.» Le briefing d'Heinonen n'a rien fourni de la sorte, étant déduit d'un document non pertinent et d'un ordinateur portable de provenance douteuse. Mais cela n'importe pas à Schulte, qui a noté que «l'Iran a refusé d'expliquer ou même de reconnaître le travail passé sur la recherche en armement.» Schulte n'a pas pris la peine de dire qu'il serait difficile à l'Iran d'expliquer ou de reconnaître ce qui n'a pas été fait. «Ceci est particulièrement troublant,» Schulte a continué, «quand c'est combiné avec l'effort déterminé de l'Iran pour maîtriser la technologie d'enrichissement de l'uranium.» Pourquoi est-ce si troublant? Parce que, comme Schulte l'a noté, «L'enrichissement de l'uranium n'est pas nécessaire au programme civil de l'Iran mais il est nécessaire pour produire le matériau fissile qui pourrait être utilisé dans une bombe.»

 En cela réside bien sûr le cœur de la question: le programme d'enrichissement actuel de l'Iran. Non parce qu'il est illégal; l'Iran est autorisé à enrichir l'uranium à des fins pacifiques selon l'Article IV du Traité de Non-Prolifération Nucléaire. Ce n'est pas non plus parce que le programme centrifuge de l'Iran opère d'une manière non déclarée, sans surveillance; l'IAEA a déclaré qu'il a une totale compréhension de l'étendue et du travail du programme d'enrichissement par centrifugation iranien et que tout le matériel nucléaire associé est enregistré et gardé en sécurité. Le problème n'a jamais été et ne sera jamais le programme d'enrichissement de l'Iran. Le problème, ce sont les objectifs politiques américains du changement de régime en Iran, poussé par une combinaison de désirs américains pour une hégémonie globale et un ordre du jour israélien activiste qui cherche la sécurité nationale, à perpétuité, par une suprématie militaire et économique. Le spectre de l'enrichissement nucléaire est simplement un prétexte pour faciliter les plus grands objectifs politiques. Olli Heinonen, et ceux qui soutiennent son travail, doivent être au courant du plus grand contexte géopolitique de ses actions, ce qui les rend à plus forte raison déconcertants et indignes.

 Des accusés majeurs dans cette affaire sordide sont les médias dominants sont des accusés majeurs. Montrant une incapacité presque étrange à «relier les points» ( cf notre série d'articles portant ce titre [NDLR]), les rédacteurs qui dirigent les plus grands journaux d'Amérique, et les producteurs qui assemblent les plus grands programmes télévisés d'actualités d'Amérique, ont facilité collectivement les histoires les plus simplistes, creuses et réellement sans fondements qui sortent de la Maison Blanche de Bush. Le conte de fées le plus récent portait sur la «diplomatie,» de la part de Williams Burns, le diplomate n°3 au département d'état.

 J'ai étudié les minutes des meetings impliquant John McCloy, un officiel américain qui a servi de nombreuses administrations, aussi bien démocrates que républicaines, dans les décennies suivant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sa diplomatie avec les Soviétiques, conduite avec le négociateur soviétique Valerein Zorin et le Premier ministre Nikita Khrouchtchev lui-même, était réelle, authentique, directe et conçue pour résoudre des différences. Les transcriptions de la diplomatie conduite entre Henry Kissinger et Le Duc Tho qui a mis fin au conflit du Viêt-Nam est de la même manière une étude des concessions mutuelles requises pour atteindre le statut de la vraie diplomatie.

 Envoyer un officiel relativement obscur comme Burns pour «observer» un meeting entre l'union Européenne et l'Iran, avec des instructions de ne pas intervenir, ne pas initier, ne pas discuter, ne peut en aucune circonstance être interprété comme de la diplomatie. Tout étudiant de l'histoire diplomatique pourrait vous le dire. Et pourtant les rédacteurs et les producteurs estimés de nouvelles ont utilisé le terme «diplomatie», sans défi ni clarification, pour décrire la mission de Burns à Genève le 19 juillet. La décision de l'envoyer là-bas a été saluée comme une «concession significative» de la part de l'administration Bush, un pas pour s'éloigner de la guerreet l'indication d'un nouveau désir à la Maison Blanche pour résoudre l'impasse iranienne par la diplomatie. Comment parvenir à ce résultat avec un diplomate handicapé et muselé au plus haut degré comme l'était Burns , a échappé à l'attention de ses auteurs et à leurs chefs. La diplomatie, on l'a dit à l'Amérique, était la nouvelle option politique pour l'administration Bush.

Bien sûr, les discussions de Genève n'ont rien produit. Les États-Unis se s'étaient assurés que l'Europe, avec son chef de la politique étrangère, Javier Solana, n'avait pas de marge de manœuvre quand on en est venu à la question centrale de l'enrichissement de l'uranium: l'Iran doit suspendre tout enrichissement, avant d'aborder tout autre sujet. En outre, le programme d'investigation soutenu par les Américains concernant l'ordinateur portable fourni par le MEK a empoisonné les eaux diplomatiques. L'Iran, comme prévu, a refusé de suspendre son programme d'enrichissement et a rejeté l'investigation menée par Heinonen sur l'armement nucléaireen refusant de coopérer plus avant avec l'IAEA sur ce sujet, notant que cela tombait en dehors de l'étendue du mandat de l'IAEA en Iran.

 Condoleeza Rice a été prompte à répondre. Après un debriefing de Burns, qui se rendit en avion à Abu Dhabi aux Émirats Arabes Unis, où Rice tenait des meetings à huis clos avec les ministres étrangers de six nations arabes sur la question de l'Iran, Rice a dit aux médias que l'Iran «n'était pas sérieux» à propos de résoudre le problème. Ayant joué la carte de la diplomatie, elle a poursuivi avec l'ordre du jour réel: si l'Iran ne coopérait pas pleinement avec la communauté internationale (c'est-à-dire : suspendre son programme d'enrichissement), alors il ferait face à un nouveau round de sanctions économiques et de mesures punitives non révélées, les deux unilatéralement de la part des États-Unis et de l'Europe, de même que sous la forme de sanctions encore plus grandes de la part du Conseil de Sécurité des Nations Unies (bien qu'il soit douteux que la Russie et la Chine suivent un tel plan).

 La question des sanctions étasuniennes unilatérales est la plus inquiétante. À la fois la Chambre des Représentants, par le HR 362, et le Sénat, par le SR 580, sont en train de préparer une législation qui appellerait à un blocus aérien, terrestre et maritime de l'Iran. En octobre 1962, le président Kennedy quand il considéra l'imposition d'un blocus naval contre Cuba en réponse à la présence de missiles soviétiques dans cette nation, était d'avis «qu'un blocus naval est également une opération militaire majeure. C'est un acte de guerre.» Ce qui est le cas, bien évidemment. La fausse diplomatie menée par la Maison Blanche à Genève est une préemption à tout appel du Congrès pour un résultat diplomatique. Maintenant le président peut continuer sa mission : faciliter une guerre plus grave avec l'Iran, en légitimant encore un autre acte d'agression. Un jour, dans un avenir proche, les Américains s'éveilleront à la réalité que les forces militaires américaines sont engagées dans une guerre avec l'Iran. Beaucoup se gratteront la tête et se demanderont, «Comment est-ce arrivé?» La réponse est simple: Nous l'avons tous fait arriver. Nous sommes en guerre avec l'Iran actuellement. Nous n'avons juste pas le courage moral de l'admettre.

 Scott Ritter est un ancien inspecteur en armement des Nations Unies et un officier de renseignement de la Marine qui a écrit de façon extensive sur l'Iran.

 

Traduction française: Henri R.



[1] UNSCOM (United Nations Special Committee) Comité spécial de l'ONU pour le contrôle des bandes d'armement non conventionnelles

 

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Mis à jour de ( SATURDAY, 27 SEPTEMBER 2008 20:58 )
 
 

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