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Notre impuissance inculquée Imprimer Email
Écrit par Correspondant spécial de Sott   
TUESDAY, 03 JUNE 2008 01:20
Correspondant spécial de SOTT
Sott.net
Jeudi 27 mars 2008
©William Kentridge

 

“[…] la vérité est qu’il y a quelque chose qui va terriblement mal dans ce pays, n’est-ce pas ? Cruauté et injustice, intolérance et oppression. Et quand autrefois vous aviez la liberté de faire des objections, de penser et parler comme bon vous semblait, vous avez maintenant des censeurs et des systèmes de surveillance contraignant votre conformité et sollicitant votre soumission. Comment cela est-il arrivé ? Qui est responsable ? Certainement, il y a ceux qui sont plus responsables que d’autres, et ils seront tenus pour responsables, mais la vérité doit être dite, si vous cherchez les coupables, vous n’avez qu’à regarder dans un miroir. Je sais pourquoi vous l’avez fait. Je sais que vous aviez peur. Qui ne le serait pas ? Guerre, terreur, maladie. Il y a eu une myriade de problèmes qui ont contribué à corrompre votre raison et à vous voler votre bon sens. La peur a eu le meilleur de vous-même. […] » Personnage V, du film V pour Vendetta.

Oui, V a raison. Il y a quelque chose qui va terriblement mal dans ce pays – et cela pourrait faire référence à presque n'importe quel pays dans le monde, puisque la Pathocratie a pris le contrôle du monde. Il est en fait logique que les psychopathes agissent comme ils le font car telle est leur nature. Mais en ce qui concerne le reste d’entre nous ? Comment se fait-il que « la peur ait eu le meilleur de nous-même, » et pourquoi se fait-il qu’une peur paralysante nous tombe dessus quand nous envisageons de résister ? Pourquoi se fait-il que le fait de penser à eux venant nous chercher et nous emprisonner, obscurcisse nos désirs humains les plus vrais de Liberté, d’Amour et de Vérité ?

Il y a en fait une raison. Cela s’appelle l'impuissance inculquée. On peut trouver divers sites Internet sur les expériences respectives sur les chiens réalisées par le psychologue Martin Seligman et ses collègues dans les années 1960. Mais je citerai le livre de Clarissa Pinkola Estés, Femmes qui courent avec les Loups, qui résume vraiment bien l’expérience.

Nous avons tous été conditionnés à cette impuissance depuis nos premiers jours, et il est possible que ceux d’entre nous qui ont le besoin inné de savoir et la capacité de résister, se défendre et réellement faire quelque chose à un certain moment dans le futur ont été particulièrement visés dans le but d'ancrer cette impuissance afin de nous garder figés dans l’inaction.

Dans ma vie de tous les jours, je dialogue avec tant de gens qui sont confiants, mobiles et intelligents, des gens qui ont des idées et parlent pour eux-mêmes, mais je me demande toujours pourquoi ils ne sont pas là-dehors à clamer leur opposition à la corruption et la criminalité du grand gouvernement. Ces gens ne peuvent être aveugles à l’état du monde parce que les preuves sont autour d’eux, pourtant ils restent contents d’eux-mêmes face à la très grave menace contre nous tous. Ils sont satisfaits de vivre leurs vies dans les limites restrictives qui leur sont fixées par l’élite politique et corporatiste de ce monde.

Alors la tâche de parler haut et fort nous est laissée à nous les «névrosés », malgré toutes nos peurs et cicatrices, nous avons encore ce désir brûlant de savoir, comprendre, voir, et puis voir ce que nous pouvons faire à ce propos – FAIRE quelque chose contre ce qui provoque notre peur est le seul moyen de la soulager. Et une fois que nous découvrons, une fois que nous comprenons quelque chose, nous ressentons le besoin de le partager, de le transmettre à ceux qui, comme nous, sont en train de chercher.

Parce que franchement, qu’allons-nous faire de tout ce que nous apprenons si nous le gardons pour nous-mêmes ? Il y a une chanson folklorique grecque qui dit « une vie non partagée est une vie volée ». Je soutiendrais aussi que « la connaissance non partagée est de la connaissance volée. »

Si vous y pensez, c’est de ne pas parler haut et fort, la soumission, le non partage de nos découvertes, ne pas faire remarquer que l’empereur est nu qui permet aux psychopathes au pouvoir de continuer leurs méthodes de prédateurs et que la situation continue sur sa spirale descendante. Comme avec beaucoup de problèmes dans la vie, le problème ici est un problème de pensée erronée basée sur la peur. Les gens ont peur qu’« ils » viennent les chercher s’ils parlent haut et fort, mais le paradoxe est qu’en ne parlant pas haut et fort et en facilitant notre glissade vers « Armageddon », les gens augmentent énormément les chances qu’un agent botté des pathocrates frappe un jour à leur porte. Parce que quand « ils » cherchent à nous emprisonner, nous diffamer ou nous attaquer d’une manière ou d’une autre, leurs premières cibles de choix sont toujours ceux qui parlent haut et fort contre « eux ».

Mais je m’écarte du sujet, voici l’expérience :

Au début des années 1960, des scientifiques menèrent des expériences animales pour déterminer quelque chose sur « l’instinct de fuite » des humains. Dans une expérience ils branchèrent la moitié de la partie inférieure d’une grande cage, de telle sorte qu’un chien placé dans la cage recevait un choc à chaque fois qu’il mettait la patte dans la partie droite. Le chien apprit rapidement à rester du côté gauche de la cage.

Ensuite, le côté gauche de la cage fut branché dans le même but et le côté droit fut à l’abri des chocs. Le chien se réorienta rapidement et appris à rester du côté droit de la cage. Puis, tout le plancher de la cage fut branché pour donner des chocs aléatoires, de telle sorte que peu importe l'endroit où le chien était debout ou allongé, il recevait finalement un choc. Le chien réagit avec confusion au début, et puis il paniqua. Finalement le chien « abandonna » et s’allongea, prenant les chocs comme ils venaient, n’essayant plus d’y échapper ou de se montrer plus malin qu’eux.

Mais l’expérience n’était pas finie. Ensuite, la porte de la cage fut ouverte. Les scientifiques s’attendaient à ce que le chien se précipite dehors, mais il ne s’échappa pas. Bien qu’il pouvait partir quand il voulait, le chien restait allongé en subissant les chocs aléatoires. À partir de cela, les scientifiques spéculèrent que quand une créature est exposée à la violence, elle tend à s’adapter à cette perturbation, de telle sorte que quand la violence cesse ou que la créature est autorisée à être libre, l’instinct sain de la fuite est énormément diminué, et la créature reste immobile. [Estes, 1995]

C’est le cas avec chaque personne sensible sur cette planète. Nous avons été tellement maltraités émotionnellement, physiquement, mentalement ; on nous a tellement injectés de la terreur et des peurs depuis le premier jour, que tous nos instincts naturels de survie ont disparu. Nous ne sommes plus capables de nous lever, de parler haut et fort et de défendre ce qui nous tient le plus à cœur. Nous sommes effrayés de même rêver ou espérer quelque chose de mieux que le monde ponérisé qu’ils ont préparé pour nous. La passivité devient donc notre modus operandi.

Restin Wells et Barbara O’Brien dans leurs comptes rendus personnels publiés à propos du chemin psychologique vers la guérison, Deep Therapy in the Fast Lane et Operators and Things (les deux sont une lecture inestimable pour toute personne qui cherche honnêtement à comprendre son monde intérieur), ont trouvé et partagé le fait que ce qui a sauvé leur santé mentale, au final, fut de ressentir la colère envers leur condition et ses causes.

Si vous vous voyez dans la même position que l’un de ces chiens dans la cage expérimentale, recevant les chocs administrés et restant sur place alors que la porte de la cage est ouverte, pouvez-vous ne pas ressentir de la colère envers ceux qui administrent ces chocs, pour vous rendre ainsi ? Ne voudriez-vous pas informer les autres « chiens » dans les cages de ce qui se passe réellement dès que vous l'avez découvert ?

Il est vrai que nous ne sommes pas nombreux et que nous avons tous peur, mais en nous unissant et en combinant nos efforts dans cette bataille nous pouvons surmonter nos peurs et présenter une force pour la liberté dans ce monde qui est bien plus grande que la somme de ses parties. En faisant ainsi, nous nous donnons la chance de sculpter un avenir nouveau et différent. Mais tandis que vous êtes assis là, en train de lire ces mots, si vous ne comprenez rien d’autre, comprenez ceci : si nous n’agissons pas et ne donnons pas une voix à la Vérité dans ce monde, notre avenir et l’avenir de tous les honnêtes hommes sur cette planète sera dicté par les psychopathes qui nous ont amenés au bord du précipice sur lequel nous nous trouvons maintenant. Comprenez, faites un choix et ensuite agissez, même d’une manière modeste. Faites-le pour vous-même, pour les autres, pour la Vérité.

 

©Inconnu

 

Traduction française: Henri R.

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Mis à jour de ( TUESDAY, 03 JUNE 2008 01:39 )
 
 

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"Quelques-uns des hommes les plus importants des Etats-Unis, dans le domaine du commerce et de l'industrie, ont peur de quelque chose. Ils savent qu'il y a quelque part un pouvoir si organisé, si subtil, si vigilant, si intriqué, si complet, si envahissant, qu'il vaut mieux qu'ils n'en parlent qu'à voix basse quand ils en parlent pour le condamner." Woodrow Wilson, The New Freedom (1913)

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