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Wall Street a ouvert mardi en hausse, en rebond par rapport à la veille, l'injection de 7,5 milliards de dollars d'argent frais dans Citigroup par l'émirat d'Abou Dhabi ayant rassuré les investisseurs sur les perspectives du secteur bancaire aux Etats-Unis. Cette annonce, qui permet à Abou Dhabi d'obtenir jusqu'à 4,9% de la première banque américaine, l'une des plus fortement malmenées par le "subprime", pourrait déclencher le rebond de beaucoup de valeurs en forte baisse depuis le début du mois de novembre . Le titre Citigroup gagne 2,7%.
Note de FQ : Voilà un financeur atypique, l'émirat d'Abou Dhabi. En fait, Abou Dhabi est une des composantes des Emirats Arabes Unis. Les EAU sont un grand exportateur de pétrole avec près de 5% des exportations mondiales soit plus que l'Iraq ou le Vénézuela. Il est également à noter que les barils de pétrole sont négociés obligatoirement en dollars. Cela signifie que des milliards et des milliards de dollars tombent régulièrement dans les caisses des producteurs de pétrole. Le problème est qu'aujourd'hui la valeur du dollar n'est plus que virtuelle. Depuis la création en 1913 de la banque fédérale par quelques grandes familles, la machine a billet est dirigée par une entité privée. Depuis 1971 la monnaie "dollar" n'est plus indexée à la valeur or et depuis mars 2006 le volume de dollar en circulation dans le monde n'est même plus communiqué. On pourrait se dire que malgré cette opacification autour de la valeur "dollar" celle-ci demeure liée à l'économie de son pays. Certes... Avec une dette grandissante et dépensant déjà les 9000 milliards de dollars, une délocalisation massive de l'outil de production en Chine et l'écroulement du marché immobilier, nous vivons la disparition planifiée d'un empire. Le soubressauts sont moyennement perceptibles car cette chute n'en est qu'à ses débuts et cela fait des années que la part des Etats Unis dans l'économie mondiale diminue, elle ne représente plus qu'un quart du PIB mondial. Deux perfusions particulièrement toxiques ont permis de maintenir le malade en vie : 1/ le fonctionnement débridé de la planche à billet qui permet de réinjecter ces nouveaux dollars dans les banques au bord de l'asphyxie, d'acheter des actions pour maintenir les cours de bourse, de rembourser les créditeurs les plus pressants, d'acheter des propriétés pour limiter l'effondrement du marché immobilier,...
2/ le maintien artificiellement haut du cours du pétrole (via la spéculation sur l'évolution des cours et la limitation délibérée des capacités de raffinage): en effet plus le pétrole est cher plus les oligopoles pétroliers qui sont pour la plupart étasuniens peuvent engranger des profits et légérement rééquilibrer les finances de leur pays. Six minutes après l'ouverture, l'indice Dow Jones prend 74,13 points ou 0,58% à 12.817,57 points, le S&P 500 progresse de 11,18 points (0,78%) à 1.411,40 points. Le composite du Nasdaq monte de 32,00 points à 2.572,99 points (1,26%). (...) A la baisse, les valeurs pétrolières reculent, sur fond de forte baisse des cours de pétrole. Bear Stearns a toutefois relevé sa recommandation sur Chevron, passant de "performance en ligne" à "surperformer". Le titre cède 1%. La plupart des grands indices boursiers ont reculé de 10% depuis leurs plus hauts d'un an touchés en octobre, ce qui correspond techniquement à une correction, la première observée à Wall Street depuis plus de quatre ans. Note de FQ : En rachetant partiellement Citigroup Abou Dhabi a donc réussi d'une part à écouler une partie de son giganteque stock de billets verts et d'autre part à rassurer le secteur bancaire et soutenir ainsi la valeur du dollar. Mais combien de temps l'illusion durera-t-elle ? Dette abyssale, marché immobilier en chute libre, cours du pétrole commençant à flancher, inflation grandissante, délocalisations massives, monnaies perdant un peu plus de valeur chaque jour,... Nous sommes en train d'assister en direct à l'effondrement programmé d'un empire. Les psychopathes au sommet de la pyramide ont savamment orchestré ce drame et ils ont sécurisé leurs actifs depuis un bon moment. Il sont désormais assis au premier rang pour se délecter de la souffrance de tout un peuple et ils se demandent déjà : "A qui le tour ?". Article original : Reuters
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