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Le test de l'orteil Imprimer Email
Écrit par Axel Dunor   
jeudi, 17 avril 2008 10:09
La Tribune relève que la ministre de la Santé « a démenti hier avoir évoqué un éventuel déremboursement des frais d’optique, en dénonçant une «polémique ridicule» ».
Le journal observe que Roselyne Bachelot « a assuré que son objectif était au contraire d’obtenir que les Français soient «mieux assurés, mieux pris en charge pour l’optique» ».
Le quotidien ajoute que la ministre « a expliqué que des négociations sur le financement du système de santé allaient bien s’ouvrir avec les complémentaires santé ».
La Tribune note que « concernant l’optique, ce secteur est «tout à fait majoritairement pris en charge» par les organismes complémentaires et de «façon très, très marginale par l’assurance-maladie», a souligné [la ministre], expliquant qu’une réflexion avait bien été lancée mais pour «renforcer la prise en charge solidaire des dépenses d’optique qui peuvent grever le budget de nos concitoyens les plus modestes» ».
Le Monde aborde également ce « débat sur l'abandon de la prise en charge des frais d'optique par la Sécurité sociale ».
Le journal constate aussi que « le ministère de la Santé a assuré qu'il n'était pas question de "déremboursement" des frais d'optique ».
« Selon le ministère, les dépenses d'optique ne sont pas particulièrement ciblées. […] Pour Mme Bachelot, les complémentaires doivent prendre plus de place dans le remboursement des soins », poursuit le quotidien.
Le Figaro relève de son côté que « Bachelot tente de corriger le tir », observant que « la ministre de la Santé veut calmer les inquiétudes sur le remboursement des dépenses d’optique ».

Article original : Mediscoop

 

Note de FQ : Le mode opératoire du gouvernement Sarkozy est aussi pernicieux qu’affligeant.

La mission confiée à Sarkozy est simple : réduire le peuple français à l’esclavage et à la misère. Pour cela il suffit de détruire un à un tous ses acquis (éducation, retraites, droits chômage, transports publics, hôpitaux,…)

Puisque l’objectif est très clairement fixé, il n’y a donc plus aucune place à ces négociations, ces concertations si souvent invoquées par les laquais du gouvernement.

Néanmoins les déboulonnages systématiques de nos droits comparés aux mesures favorisant systématiquement les plus nantis alertent un nombre grandissant de Français qui commencent à entretenir de sérieux doutes quant à l’honnêteté du sémillant Sarkozy.

Les médias maintiennent leur propagande avec des articles qui évitent au maximum les sujets qui fâchent (augmentation de salaire pharaonique, revente douteuse de sa propriété de Neuilly, intervention salon de l'agriculture, altercation avec des marins-pêcheurs, intervention au G8,…) et qui entretiennent l’illusion de la popularité de Sarkozy (38% de satisfaits au dernier sondage, la réalité doit donc être aux alentours de 80% de mécontents).

Ceci dit certains commencent à voir les pieds derrière le rideau, il est donc devenu nécessaire que nos chères élites soignent un peu plus la forme (tout en conservant bien sûr un fond toujours aussi inhumain).

C’est pour cela qu’est de plus en plus utilisé le test de l’orteil. On met discrètement l’orteil dans le bain et si c’est trop chaud on le retire l’air de rien.

Innocemment donc Sarkozy ou l’un de ses sinistres sbires annonce ou fait annoncer par les médias un projet de réforme nous emmenant un peu plus vers ce grand idéal orwelien qui fait le bonheur du peuple étasunien.

Une fois l'annonce faite on attend la réaction.

Si le peuple reste coi, assommé par des journées de travail interminables (merci à la baisse du pouvoir d’achat), des heures de bouchon (merci au démantèlement des transports en commun), des programmes télés abrutissants (merci aux patrons de chaines et leur lobotomies à distance), et une nourriture aussi toxique que l’air ou que l’eau (merci aux industriels de l’agroalimentaire, de la chimie, de la pharmacie et des autres secteurs) alors la réforme est adoptée et on passe rapidement au prochain déboulonnage de l’édifice social.

Si malgré les nombreuses camisoles qui l’entravent, le peuple gronde alors on tergiverse un peu pour voir s’il s’agit d’une réaction durable. Si tel est le cas alors on retire la réforme avec toute l’hypocrisie crasse qui caractérise nos chers gouvernants. Le retrait de la réforme est un moment inoubliable où l’on assiste à une cacophonie de mensonges, de pseudo-justifications et de subites amnésies.

« Nous n’avons jamais dit cela », « il s’agissait seulement d’un projet », « au contraire nous pensons que », « une telle mesure n’aurait été adoptée qu’après négociations », « vous nous avez mal compris », « il s’agit d’un gigantesque malentendu », « l’inertie de la France la perdra », « une minorité a créé de toute pièce ce mouvement », « la France doit faire fi de son attitude passéiste », « le progrès a un prix », « cette déclaration n’a jamais été validée par l’Elysée », « pour rester compétitive la France doit », « il s’agit seulement d’une perspective de négociations », « parfois les journalistes s’avancent un peu trop »,…

Vous noterez combien les "grands" médias (La Tribune, le Monde, Le Figaro) accompagnent en souplesse ces changements de cap. Tout cela peut nous rappeler cette phrase célèbre du regretté Edgard Faure : "ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent"

Mis à jour de ( jeudi, 17 avril 2008 10:13 )
 
 

Pause pensée

"Il n'y a pas d'évolution obligatoire, mécanique. L'évolution est le résultat d'une lutte consciente. La nature n'a pas besoin de cette évolution ; elle n'en veut pas et elle la combat. L'évolution ne peut être nécessaire qu'à l'homme lui-même, lorsqu'il se rend compte de sa situation et de la possibilité de la changer, lorsqu'il se rend compte qu'il a des pouvoirs dont il ne fait aucun emploi, et des richesses qu'il ne voit pas."

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