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Le Congrès américain a approuvé samedi un plan massif de sauvetage du marché immobilier résidentiel prévoyant un soutien d'urgence aux organismes américains de refinancement du crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac Le plan instaure un fonds de 300 milliards de dollars pour aider les accédants à la propriété en difficulté. Un porte-parole de la Maison blanche a indiqué que le président George Bush signerait cette loi dans la mesure où elle est nécessaire pour trouver une solution à la crise, la pire que traversent les Etats-Unis depuis la Grande dépression des années 1930. Le texte, approuvé mercredi par la Chambre des représentants ou samedi par le Sénat, offre des allègements fiscaux pour encourager les achats immobiliers, instaure un système national de licence pour les compagnies de prêts hypothécaires et attribue quatre milliards de dollars aux autorités locales pour l'achat et la réparation de maisons qui ont fait l'objet de saisies dans des communautés durement touchées par les saisies et par la chute des prix de l'immobilier. Source : Yahoo News, Kevin Drawbaugh et Patrick Rucker, version française Nicole Dupont Note de FQ : L’intitulé de cette nouvelle loi « plan massif de sauvetage du marché immobilier résidentiel » laisse à penser que la marionnette Bush et les néolibéraux qui l’agitent frénétiquement ont finalement une once d’humanité et que face à l’immense précarité qui accable des dizaines de millions d’Etasuniens ils ont décidé d’initier un vaste mouvement de solidarité.
Que nenni, les citoyens continueront à voir leurs propriétés saisies, leurs dettes maintenues voire augmentées et leurs emplois délocalisés. Ce financement public constitue tout simplement une injection massive de l’argent des contribuables dans des institutions privées. En fait de 1938 à 1968, Fannie Mae et Freddie Mac (FM) étaient des monopoles publics qui garantissaient les crédits immobiliers des citoyens étasuniens. En 1968, le délicieux Lyndon Jonhson a privatisé ces deux organismes qui continuent à assurer les prêts contractés par des particuliers en échange du paiement d’une prime d’assurance. En plus de ces primes ces deux oligopoles ont fait leurs choux gras (Freddie Mac prenait la 50e place dans le classement Fortune 500 de 2007) en émettant des obligations regroupant les prêts qu'ils assuraient (RMBS). Au début des années 2000, toutes deux avaient déjà été condamnées par la justice étasunienne pour avoir maquillé leurs résultats comptables à la manière de la tristement célèbre ENRON. La chute de l’immobilier met ces deux acteurs dans une situation inconfortable. Prenons un exemple simple : un couple californien achète une maison à 500.000 dollars en 2005, son prêt bancaire de 500.000 dollars est assuré par l’un de ces organismes. En 2008, ce couple ne peut plus rembourser son prêt (licenciement suite aux délocalisations incessantes, explosions des mensualités variables), FM qui a garanti le prêt doit alors 500.000 dollars (plus ou moins les intérêts et les premières mensualités versées) à la banque prêteuse mais entre temps le marché immobilier californien a perdu 40%. Le couple se retrouve à la rue et la propriété est vendue aux enchères pour 300.000 euros. FM doit donc encore 200.000 euros à la banque. Les dirigeants de FM se sont bien engraissés pendant les années folles de l’immobilier mais ils ont constitué de bien faibles réserves (Fannie Mae et Freddie Mac détiennent ou garantissent 5.200 milliards de dollars de créances hypothécaires, soit près de 50% de l'encours de crédit immobilier américain.) Pourtant la crise immobilière US continue de s’aggraver, l’indice Shiller du prix de l’immobilier publié ce 29 juillet fait état d’une baisse des prix de 16% par rapport à mai 2007. C’est la chute annuelle la plus forte enregistrée depuis la création de cet indicateur en 2001, plus importante encore que la baisse de 15.3% enregistrée entre avril 2007 et avril 2008. Au milieu de cette débâcle le gouvernement étasunien injecte 300 milliards de dollars dans ces deux organismes. Concrètement Bush utilise les finances publiques (constituées en bonne partie par les taxes et impôts payés par les citoyens) afin de recapitaliser Fannie Mae et Freddie Mac (organismes partiellement privés) pour qu’ils puissent continuer à rembourser les banques (privées). Donc cet argent public ne change rien à la situation des citoyens, ils sont expulsés et leur maison vendue aux enchères par ces mêmes banques qui ont déclenché cette crise par leurs spéculations délirantes, qui récupèrent le montant des enchères et qui encaissent l’argent public débloqué par Bush & Co.
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