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Quand Sarkozy quitte le plateau de CBS Imprimer Email
Écrit par Nouvel Obs   
TUESDAY, 30 OCTOBER 2007 14:29

NOUVELOBS.COM | 30.10.2007 | 11:35

Le chef de l'Etat a quitté le plateau de la prestigieuse émission américaine "60 minutes", diffusée sur CBS. Motif : une question sur Cécilia…

La chaîne de télévision américaine CBS a diffusé, dimanche 28 octobre, une émission consacrée au président français, Nicolas Sarkozy, et intitulée "Sarko l'Américain". L'émission a fait grand bruit car le chef de l'Etat a tout simplement quitté le plateau du prestigieux "60 minutes", l'une des émissions les plus réputées de la télévision américaine.

Lors d'une interview, qui a eu lieu au palais de l'Elysée deux semaines avant l'annonce du divorce du couple Sarkozy, le chef de l'Etat, visiblement irrité par une question à propos de son épouse Cécilia, a laissé en plan la journaliste de la chaîne américaine, Lesley Stahl.

 

"En plus, pour me poser des questions là-dessus..."

"Si j'avais quelque chose à dire sur Cécilia, je ne le dirais certainement pas ici", a d'abord déclaré le président de la République à la journaliste, qui l'interrogeait sur son mariage.

"En plus, pour me poser des questions là-dessus...", bougonne alors le président, qui retire son micro, se lève et part, abandonnant son intervieweuse visiblement interloquée. "Allez, au revoir. Bon courage", lance-t-il avant de quitter la pièce à Lesley Stahl, qui demande en vain au président "Où est le problème ?". A l'image, on peut même entendre le président traiter son conseiller, David Martinon, d'"enfant". Ce dernier semble dépité, mais ne réagit pas.

 

"Imbécile"

Passablement énervé, Nicolas Sarkozy a ensuite qualifié David Martinon d'"imbécile" pour avoir programmé cette interview. "Je n'ai pas le temps. J'ai un travail important (...) Je ne suis pas en colère, je suis pressé", a-t-il dit, lors de son retour sur le plateau. Le président a en effet finalement participé à l'émission.
Nicolas Sarkozy avait également réagi de façon épidermique lors d'une conférence de presse au cours du sommet européen de Lisbonne après l'annonce de son divorce: un journaliste du Monde qui s'était risquée à une question sur le sujet s'était fait éconduire sans ménagement par le président.

 Note de Futur Quantique :

Petit rappel (parmi tant d'autres) : débat Sarkozy/Royal à la TV, 03 mai 2007 :

Nicolas Sarkozy : Calmez-vous et ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé!

Ségolène Royal : Non, je ne me calmerais pas!

Nicolas Sarkozy : Pour être Président de la République, il faut être calme.

Ségolène Royal : Non, pas quand il y a des injustices! Il y a des colères saines, parce qu'elles correspondent à la souffrance des gens. Il y a des colères que j'aurai, même quand je serai Présidente de la république….

Nicolas Sarkozy : Ce sera gai!

Ségolène Royal : Parce que je sais les efforts qu'ont fait pour accueillir les enfants qui ne le sont plus. Je ne laisserai pas l'immoralité du discours politique reprendre le dessus.

Nicolas Sarkozy : Je ne sais pas pourquoi Mme Royal, d'habitude calme, a perdu ses nerfs…

Ségolène Royal : Je ne perds pas mes nerfs, je suis en colère. Pas de mépris. Je suis en colère. Je n'ai pas perdu mes nerfs. Il y a des colères très saines et très utiles.

Nicolas Sarkozy : Je ne sais pas pourquoi Mme Royal s'énerve...

Ségolène Royal : Je ne m'énerve pas.

Nicolas Sarkozy : Qu'est-ce que cela doit être quand vous êtes énervée!

Ségolène Royal : J'ai beaucoup de sang-froid. Je ne suis jamais énervée…

Nicolas Sarkozy : Vous venez de le perdre. Madame Mme Royal ose employer le mot "immoral." C'est un mot fort.

Ségolène Royal : Oui.

Nicolas Sarkozy : Madame Royal se permet d'employer ce mot parce que j'ai dit que je souhaitais que tous les enfants ayant un handicap soient scolarisés en milieu scolaire "normal." Madame Royal a qualifié mon propos de larmes à l'œil, sous entendant par là que la sincérité n'était que de son côté et que, de mon côté, il ne devait y avoir que du mensonge. Ce n'est pas une façon de respecter son concurrent. Je ne me serai jamais permis de parler de vous comme cela, madame.
Ségolène Royal : Parce que moi, je ne mens pas et je ne prétends pas faire ce que j'ai détruit avant.
Nicolas Sarkozy : Madame, je ne pense pas que vous élevez la dignité du débat politique.
Ségolène Royal : Si, c'est très digne la question du handicap.
Nicolas Sarkozy : Si je n'avais pas moi-même, par conviction, parlé de la scolarisation des enfants handicapés, cela faisait une heure et demie que nous débattions, on n'en avait pas parlé. J'ai le droit de parler du handicap. Ce n'est pas votre monopole. J'ai le droit d'être sincère dans mon engagement et d'être bouleversé par la situation d'enfants qui aimeraient être scolarisés. Je ne mets pas en cause votre sincérité, madame, ne mettez pas en cause ma moralité.
Ségolène Royal : C'est votre action que je mets en cause.
Nicolas Sarkozy : Ainsi, la dignité du débat politique sera préservée. Mais au moins on aura vu que vous vous mettez en colère bien facilement, vous sortez de vos gonds. Le Président de la République a des responsabilités lourdes, très lourdes.

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« Et quel pays peut préserver ses libertés, si ses dirigeants ne sont pas prévenus de temps en temps que ce peuple préserve l’esprit de la résistance ? Qu’il prenne les armes. Le remède est de le corriger quant aux faits, lui pardonner et le pacifier. Que signifie de perdre quelques vies au cours d’un siècle ou deux ? L’arbre de la liberté doit être rafraîchi de temps en temps, avec le sang des patriotes et des tyrans. C’est un engrais naturel. »

Thomas Jefferson (1743-1826), 13 novembre 1787, lettre à William S. Smith, citée dans Jefferson On Democracy, éd . 1939, de Padover.

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